Est de la RDC : la France accorde une aide de 3 millions d'euros à Kinshasa pour faire face à la crise humanitaire

Les habitants de Sake fuyant vers Goma (Illustration)
Les habitants de Sake fuyant vers Goma (Illustration)

La République française, à travers le Centre de Crise et de Soutien (CDCS) du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, a annoncé l'octroi d'une «aide exceptionnelle» à la hauteur de 3 millions d'euros au gouvernement congolais pour faire face aux besoins urgents des populations dans l'est de la RDC qui, depuis plus de deux mois, sont l'emprise des rebelles du M23/AFC soutenus par le Rwanda.

L'ambassade de l'hexagone en RDC précise, dans un communiqué ce jeudi, que cette aide est destinée au renforcement de services essentiels en matière de santé, notamment l'eau, l'hygiène et l'assainissement. 

«Face à la crise humanitaire qui touche l’Est de la RDC, la France, à travers le Centre de Crise et de Soutien (CDCS) du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, mobilise une aide exceptionnelle de trois millions d’euros pour répondre aux besoins urgents des populations les plus vulnérables. Cette contribution vise à renforcer l’accès aux services essentiels en matière de santé, d’eau, d’hygiène et d’assainissement (EHA), ainsi que de protection, impactant ainsi près de 100 000 personnes affectées par le conflit et les déplacements forcés», écrit-elle.

Selon ce document consulté par ACTUALITÉ.CD, le CDCS, en coopération avec l'UE,  organise en ce mois d'avril l’acheminement de 6,5 tonnes d’aide humanitaire à destination des populations les plus vulnérables dans l’Est du pays. Le package de cette aide comprend: des médicaments, fournis par l’Association Tulipe ; des aliments thérapeutiques destinés aux enfants en situation de malnutrition sévère, offerts par l’entreprise Nutriset ; du matériel de stockage et de purification de l’eau, afin d’améliorer l’accès à l’eau potable ; des bâches, destinées à renforcer les abris des personnes déplacées.

«Ces fournitures ont été confiées aux organisations non gouvernementales ALIMA, Première Urgence internationale, Action contre la Faim et Solidarités internationales, qui assureront leur distribution auprès des populations dans le besoin», a renchéri l'ambassade française à Kinshasa. 

Parallèlement à cette aide, l'ONG action contre la faim, avec un financement de 750 000 euros pour une durée de douze mois, ce projet bénéficie directement à 45 829 personnes, poursuit ses efforts pour améliorer l’accès aux services de base dans les localités de Bambo et Mweso, dans la province du Nord-Kivu. En outre, l’ONG Solidarités International, de son coté, concentre son action sur l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’hygiène et d’assainissement pour les populations déplacées, retournées et les communautés hôtes dans les territoires de Nyiragongo, Masisi et Rutshuru, avec un financement d’un million d’euros sur douze mois pour une intervention destinée directement à 52 000 personnes, leur garantissant des conditions de vie plus sûres et dignes malgré l’instabilité persistante.

D'après sa dernière évaluation publiée le 27 mars dernier, la classification intégrée des phases( IPC) de la sécurité alimentaire a noté une détérioration des besoins humanitaires en RDC, avec un plongement de 2,5 millions de personnes de plus dans une situation d'insécurité alimentaire aiguë, faisant un total de 28 millions personnes au pays, le nombre le plus élevé jamais enregistré avant. Dans un communiqué, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a exprimé ses inquiétudes face à cette situation, déplorant la fermeture des aéroports de Goma et Kavumu, Les pillages d'entrepôts, les problèmes de liquidités dus à la fermeture des banques, ainsi que les restrictions à l'importation de denrées alimentaires, qu'il considère comme «contraintes opérationnelles importantes».

Samyr LUKOMBO