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Violences armées, crise sanitaire et blocage de l’aide humanitaire: l’ONU réitère son appel à la protection des civils et à un accès humanitaire sans entrave dans l’Est de la RDC

Des déplacés vident le site de Kanyaruchinya pour se diriger vers Goma

Les violences armées continuent de fragiliser la situation humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Entre déplacements de populations, fermeture d’écoles, perturbation des opérations humanitaires et progression de l’épidémie d’Ebola, les besoins ne cessent de s’accroître. C’est une nouvelle fois l’alerte lancée par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Dans sa note sur la situation humanitaire dans le monde et spécifiquement sur la RDC consultée par ACTUALITE.CD jeudi 5 novembre, OCHA renseigne que, dans la province de l’Ituri, près de 50 civils ont été libérés dans le territoire de Mambasa, après avoir passé près de trois mois en captivité. Dans cette région opèrent les islamistes ADF. Une libération qui intervient dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant, et OCHA tire la sonnette d’alarme sur les conséquences des violences persistantes dans cette province.

« Mais les violences persistent : selon des organisations de la société civile locale, au moins 24 civils ont été tués et 43 autres enlevés par des groupes armés pour le seul mois d’octobre », souligne la note humanitaire. 

Au Sud-Kivu, la note de OCHA rapporte que la reprise des affrontements entre l’armée et les rebelles du FRN dans le territoire d’Uvira depuis la fin du mois d’octobre a de lourdes conséquences sur le secteur éducatif. Au total, 26 écoles primaires ont été contraintes de fermer leurs portes, privant près de 6 000 enfants de leur droit à l’éducation.

Parallèlement dans la province voisine du Nord-Kivu, les affrontements dans les territoires de Masisi et de Lubero continuent de contraindre des familles à quitter leurs foyers et d’entraver les opérations humanitaires. Selon toujours OCHA, la province représente également environ 60 % de nouveaux cas d’Ebola signalés à l’échelle nationale. Au 1er novembre, les autorités sanitaires avaient recensé plus de 10 500 cas confirmés et plus de 5 100 décès dans tout le pays.

D’après OCHA, l’insécurité continue d’entraver les activités dans plusieurs zones touchées. Dans ce contexte, une mission inter-agences coordonnée par OCHA a rencontré, en début de semaine, les autorités du territoire de Beni, dans le Nord-Kivu, afin de discuter de l’accès humanitaire, de renforcer l’engagement communautaire et de soutenir les efforts visant à contenir l’épidémie.

Face à la multiplication des défis sécuritaires et sanitaires, les Nations Unies réitèrent leur appel à toutes les parties au conflit afin qu’elles respectent leurs obligations en matière de protection des populations civiles et facilitent l’intervention des acteurs humanitaires

« L’ONU réitère son appel à toutes les parties pour qu’elles protègent les civils et garantissent un accès humanitaire sûr, durable et sans entrave. Les combats ne doivent pas empêcher les travailleurs humanitaires et les personnels de santé d’atteindre les personnes qui ont un besoin urgent d’assistance », insistent les Nations Unies.

Dans l’Est de la RDC, où les crises sécuritaires et sanitaires se conjuguent, la protection des civils et l’accès aux services essentiels demeurent des priorités urgentes, mais aussi un défi majeur pour la communauté humanitaire. À cela s’ajoute l’absence de résultats escomptés dans les initiatives diplomatiques de Washington et de Doha. La situation demeure toujours préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Clément MUAMBA


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