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Washington/Doha: la MONUSCO encourage les parties à poursuivre leurs efforts pour traduire les engagements pris en avancées concrètes 

James Swan

Alors qu’au lendemain de l’occupation des villes de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu) par la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, les processus de Washington, sous l’égide des États-Unis d’Amérique, visant à prendre en charge la crise entre Kinshasa et Kigali, et de Doha, sous l’égide de l’État du Qatar, consacré aux discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23, avaient suscité de l’espoir quant au rétablissement de la paix dans l’Est de la RDC, plus d’une année après, la réalité sur le terrain est loin de répondre aux attentes des populations de cette partie du pays, des dirigeants congolais et des partenaires de la RDC.

Si des avancées sont généralement enregistrées sur le papier, elles peinent encore à se concrétiser sur le terrain. Cette situation préoccupe au plus haut point les partenaires du gouvernement congolais, qui ne cessent d’appeler les différentes parties à honorer leurs engagements. Le dernier appel en date est celui de James Christopher Swan, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Il l’a lancé ce mardi 29 septembre 2026, lors du briefing trimestriel du Conseil de sécurité de l’ONU consacré à la situation en RDC, une session tenue sous la présidence de la France, qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de septembre.

« Je voudrais exhorter toutes les parties à rester pleinement engagées dans les processus de paix de Washington et de Doha, ainsi que dans les efforts menés sous l’égide de l’Union africaine. Je les encourage également à poursuivre leurs efforts afin que les engagements pris se traduisent par des avancées concrètes et tangibles susceptibles d’améliorer durablement les conditions de vie de toutes les Congolaises et de tous les Congolais. La MONUSCO demeure pleinement engagée aux côtés du peuple congolais dans sa quête d’une paix durable, de sécurité et de développement », a déclaré le chef de la MONUSCO lors de son intervention. 

Parallèlement, a-t-il fait savoir, l’engagement diplomatique de l’Union africaine s’est poursuivi par l’intermédiaire du médiateur et des cinq co-facilitateurs, afin de soutenir les efforts visant à faire progresser la paix et la sécurité dans l’Est de la RDC. Selon James Christopher Swan, une réunion de planification tenue à Gaborone en juillet a permis d’élaborer une feuille de route visant à harmoniser les efforts de l’Union africaine et d’adopter un plan d’action sur six mois, soit jusqu’en décembre 2026.

« En coordination avec le Bureau de l’Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, la MONUSCO reste en contact étroit avec l’Union africaine et son médiateur, Faure Gnassingbé, et se tient prête à soutenir la mise en œuvre de cette feuille de route à la demande de l’UA », a assuré le chef de la MONUSCO. 

Si, au niveau extérieur, les processus de Washington et de Doha ne semblent pas avancer au rythme espéré, sur le plan interne, l’idée d’un dialogue national fait également l’objet de positions divergentes au sein de la classe politique et de la société civile. Cette situation intervient alors que le pays reste confronté à une crise sécuritaire persistante dans l’Est et à des tensions politiques autour de plusieurs questions liées à la gouvernance et à l’avenir institutionnel du pays.

Le président Félix-Antoine Tshisekedi avait annoncé en août le lancement d’un processus de Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Selon la Présidence, ce processus doit notamment permettre d’aborder les causes structurelles de l’instabilité en RDC et de dégager des pistes de solutions autour des principales questions nationales.

Le projet ne fait toutefois pas l’unanimité. Certaines composantes de l’opposition et d’autres acteurs politiques contestent le format et les conditions de ce dialogue, tandis que le pouvoir défend la nécessité d’un processus destiné à favoriser la cohésion nationale et à renforcer les institutions.

Les divergences portent notamment sur les participants, les modalités d’organisation, l’agenda du dialogue ainsi que sur les questions qui devraient être inscrites à l’ordre du jour. La crise sécuritaire dans l’Est du pays constitue également l’un des principaux points de discussion, alors que Kinshasa considère l’implication du Rwanda et la question de l’AFC/M23 comme des éléments centraux de la crise actuelle.

Si Félix Tshisekedi semble poursuivre sa démarche avec la mise en place du Comité préparatoire de ce dialogue national, une partie de l’opposition maintient sa position de refus. Cette situation alimente les interrogations sur l’issue des différentes initiatives visant à favoriser la paix et la cohésion nationale, alors que les populations continuent de subir les conséquences de la guerre dans l’Est du pays et des divisions persistantes au sein de la classe sociopolitique

Clément MUAMBA


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