Invité mardi 29 septembre du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Raphaël Katebe Katoto a assumé son soutien à la possibilité pour Félix Tshisekedi d'exercer plusieurs mandats. Il invoque les réalisations du chef de l'État, sans pouvoir dire combien de temps il faudrait pour les achever. Il rejette aussi l'argument du verrou constitutionnel adopté par référendum en 2006.
Au sortir de sa rencontre avec le président de la République, Raphaël Katebe Katoto avait déclaré que Félix Tshisekedi pouvait faire plusieurs mandats. Interrogé sur ces propos, il les a confirmés sans détour, en les présentant comme un « point de vue personnel ». « J'ai le droit d'avoir un point de vue personnel, comme nous sommes en démocratie. Il y a d'autres qui ont des points de vue contraires, c'est leur droit », a-t-il déclaré.
« Je viens d'avoir 82 ans »
Il affirme ne s'appuyer ni sur le nom du président ni sur son appartenance ethnique, mais sur ses réalisations, achevées ou en cours. Pour asseoir son propos, il a mis en avant son expérience. Le jour même de l'émission, le 29 septembre, correspondait à son anniversaire. « Je viens d'avoir 82 ans », a-t-il lancé, en réponse à ceux qui, selon lui, lui attribuent un autre âge. Il dit avoir connu les présidences de Joseph Kasa-Vubu, de Mobutu Sese Seko « pendant 32 ans » et de Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila, avant de suivre aujourd'hui celle de Félix Tshisekedi.
« Combattre celui qui reconstruit, c'est combattre la nation »
Pour Katebe Katoto, les réalisations en cours justifient qu'on « encourage » le chef de l'État. Il cite des aéroports internationaux, des hôpitaux, des universités, des routes et des ponts. Ces infrastructures, souligne-t-il, ne profiteront pas au président mais à la population : « S'il part, il ne va pas prendre avec lui les bâtiments, les routes, ni les hôpitaux. »
Il s'en prend vivement aux opposants, qu'il qualifie de « soi-disant opposants » parlant au nom du peuple sans défendre ses intérêts. Selon lui, s'opposer à un dirigeant qui construit revient à « combattre la nation et le peuple congolais ». « Pendant plus de 60 ans, vous avez détruit. Et aujourd'hui, vous combattez celui qui vient reconstruire. Ça n'a aucun sens », a-t-il affirmé.
Aucune durée avancée
Invité à estimer combien de temps il faudrait encore à Félix Tshisekedi pour achever ces travaux, Raphaël Katebe Katoto n'a pas donné de réponse chiffrée. Il a d'abord rappelé qu'il s'agissait de son opinion personnelle et que la décision appartient au peuple. Relancé, il a renvoyé la question au journaliste, en évoquant l'ampleur des destructions accumulées pendant « 60 quelques années » et l'immensité du territoire, face à ce qui a été construit en sept ans. « Il faut un temps, mais je ne peux pas le déterminer », a-t-il concédé, en expliquant qu'il n'a pas connaissance de l'ensemble des programmes à venir. « Le principe, ce n'est pas le temps. Le principe, c'est encourager. »
Le référendum de 2006 « n'est pas éternel »
L'échange s'est tendu lorsque le journaliste lui a rappelé que le peuple congolais s'était déjà prononcé par référendum en 2006, en choisissant de verrouiller le nombre et la durée des mandats présidentiels à l'article 220. Changer cette règle, n'est-ce pas aller contre la volonté populaire ?
« Arrêtez d'essayer d'endormir les gens », a rétorqué Katebe Katoto. Il a développé son argument : la Constitution ne prévoit pas, selon lui, qu'un seul référendum doit faire loi « jusqu'à la fin du monde ». Un nouveau référendum peut donc être organisé. Il estime même que le rappel du scrutin de 2006 confirme sa thèse, puisqu'il démontre que le peuple a déjà été consulté et peut l'être à nouveau.