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Katebe Katoto : « La Constitution appartient au peuple, pas à Georges ou à Grégoire »

La Constitution de la RDC/Ph. droits tiers

Invité mardi 29 septembre du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, la personnalité politique katangaise a plaidé pour un changement de la Constitution, au nom de la souveraineté du peuple. Pressé à plusieurs reprises, il n'a toutefois indiqué aucune disposition qui justifierait selon lui un changement constitutionnel, et a balayé les soupçons d'un projet visant à prolonger le pouvoir de Félix Tshisekedi.

Au sortir de sa rencontre avec le chef de l'État, à qui il a remis les doléances du Grand Katanga, Raphaël Katebe Katoto s'était publiquement prononcé en faveur d'un changement de la Constitution. Interrogé sur les raisons de cette prise de position, il a répondu par une question : « Pourquoi pas ? » Selon lui, les modifications constitutionnelles sont courantes dans de nombreux pays, et seule la République démocratique du Congo en ferait « un événement ». « Je ne comprends même pas la raison, parce que c'est tout à fait logique et normal », a-t-il déclaré.

« La Constitution appartient au peuple »

Tout son argumentaire repose sur une idée : la Constitution n'appartient à aucun individu, mais à la nation. Il rappelle que le texte fondamental prévoit lui-même le référendum, c'est-à-dire le recours au peuple, « détenteur du pouvoir », pour décider de modifier certaines dispositions. « Il n'appartient pas à Georges ou à Grégoire de dire on change ou on ne change pas. Il appartient au peuple », a-t-il martelé, évoquant « les 110 millions » de Congolais appelés à trancher.

Il estime que certaines dispositions, pertinentes lors de la rédaction du texte, pourraient ne plus répondre aux besoins actuels de la nation. Dans ce cas, le peuple aurait le droit de dire « on change », comme il aurait celui de refuser. Il juge inutile d'« analyser dans tous les sens, dans tous les laboratoires » une démarche qu'il présente comme ordinaire.

Aucun article cité

Invité à préciser quels passages ne correspondraient plus à la réalité du pays, l'invité s'est dérobé. « Je ne sais pas, je suis en train de parler en général. Je ne suis pas là pour analyser la Constitution, je vous parle des principes », a-t-il répondu. Relancé sur la cohérence d'un soutien à une révision sans en connaître l'objet, il a maintenu sa ligne : il n'a « pas besoin d'aller dans les articles », ce n'est « pas son domaine ». Il n'a pas non plus précisé quelle situation rendrait aujourd'hui ce changement nécessaire, se limitant à répéter que le peuple pourra modifier le texte si certains passages ne répondent plus à ses attentes.

Il a par ailleurs présenté la démarche engagée par le président Tshisekedi comme légale et conforme aux procédures prévues par la Constitution, avec un passage devant le Parlement et la Cour constitutionnelle avant un éventuel référendum. « Ce n'est pas le président Félix Antoine Tshisekedi, c'est le peuple » qui décide, a-t-il insisté.

Le troisième mandat, une question « de la dernière fois »

Sur les soupçons, largement partagés par des observateurs, selon lesquels ce débat viserait à permettre au chef de l'État de dépasser la limite de deux mandats, Raphaël Katebe Katoto s'est agacé. « Je n'ai pas d'objectif », a-t-il répondu, en prévenant qu'il répondait à cette question « pour la dernière fois ». Il parle d'un « procès d'intention », puisque aucun référendum n'est encore organisé. Dans la Constitution de 2006, la limitation du nombre et de la durée des mandats présidentiels fait partie des dispositions que l'article 220 soustrait à toute révision.

Aux opposants : « Allez faire campagne »

Katebe Katoto a enfin interpellé les adversaires du projet. Plutôt que de « s'agiter » et d'« insulter les gens » sur les réseaux sociaux, ils devraient, selon lui, faire campagne auprès de la population pour défendre leur point de vue. En cas de référendum, les camps du oui et du non s'affronteront, et « ce sont les urnes qui vont départager les deux camps ».

Il retourne même l'argument de la défense de la Constitution contre ceux qui s'en réclament. « Dire non au référendum, c'est aller contre la Constitution », a-t-il affirmé, puisque le texte qu'ils défendent prévoit lui-même cette consultation. Une lecture contestée par ses détracteurs, qui voient dans le verrou de l'article 220 une limite qu'aucun référendum ne saurait lever.

 


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