La situation humanitaire des déplacés de guerre dans plusieurs villages de la localité de Busurungi, en groupement Waloa Loanda, territoire de Walikale, au Nord-Kivu, se dégrade considérablement. Ces populations, venues des territoires de Masisi, au Nord-Kivu, et de Kalehe, au Sud-Kivu, ont fui les affrontements opposant les rebelles du FRN aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Wazalendo.
Arrivées dans cette partie du territoire de Walikale il y a environ trois mois, ces familles vivent dans des conditions particulièrement difficiles. Selon le chef de la localité de Busurungi, Hubert Shebirongo, aucune assistance humanitaire ne leur a été apportée depuis leur installation dans la zone. Leur survie dépend essentiellement de la solidarité des familles qui les ont accueillies.
La situation devient de plus en plus préoccupante, alors que les capacités d'accueil des ménages hôtes sont largement dépassées. Chaque famille d'accueil héberge actuellement plus de cinq autres ménages déplacés, alors qu'elle éprouvait déjà des difficultés à satisfaire ses propres besoins.
"Les familles qui ont accueilli ces déplacés sont elles-mêmes démunies. Aujourd'hui, chaque ménage d'accueil héberge plus de cinq autres familles. Elles ne savent plus comment faire face à cette situation, car leurs moyens sont très limités,", alerte Hubert Shebirongo.
Du côté des déplacés, le désarroi est également grandissant. Plusieurs familles affirment vivre dans une précarité extrême, sans ressources suffisantes pour se nourrir, se loger convenablement ou accéder aux soins de santé.
"Cela fait environ trois mois que nous avons quitté nos villages à cause des affrontements. Depuis notre arrivée à Busurungi, nous n'avons reçu aucune aide humanitaire. Nous dépendons uniquement de la bonne volonté de ceux qui nous ont accueillis. Mais eux aussi ont beaucoup de difficultés à nous prendre en charge", témoigne un déplacé.
Un autre déplacé appelle les autorités et les organisations humanitaires à intervenir rapidement.
"Nous avons fui les violences pour sauver nos vies, mais nous sommes confrontés à une autre souffrance ici. Nous manquons de nourriture, de logements et de moyens pour nous faire soigner. Nous demandons aux personnes de bonne volonté de ne pas nous abandonner".
Face à cette situation, Hubert Shebirongo indique que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est la seule organisation humanitaire à avoir effectué une descente dans la zone pour évaluer les besoins des personnes déplacées. Toutefois, cette évaluation n'a pas encore été suivie d'une assistance concrète, selon ses déclarations.
Le chef de localité de Busurungi lance ainsi un appel au gouvernement congolais et à ses partenaires humanitaires afin qu'ils organisent rapidement le dénombrement de ces ménages déplacés et leur apportent une assistance urgente en vivres, en abris et en soins médicaux.
Il estime qu'une intervention rapide est indispensable pour soulager les familles déplacées ainsi que leurs familles d'accueil, de plus en plus éprouvées par cette charge supplémentaire, en attendant le rétablissement de la sécurité dans leurs zones de provenance et la possibilité d'un retour dans leurs milieux d'origine.