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RDC : Félix Tshisekedi dénonce le refus de Kagame à l’accueil des FDLR par un pays africain afin de justifier la présence rwandaise sur le sol congolais

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La problématique des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) considérée comme l’une des principales sources de tensions entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda a également été abordée par le président Félix Tshisekedi lors de son intervention devant la communauté congolaise vivant à Moscou en Russie, en marge de sa participation au sommet Russie-Afrique

Au cours de ces échanges, qu’il a instaurés depuis un certain temps comme une tradition partout où il passe, le chef de l’État congolais, Félix Tshisekedi, a notamment contesté les arguments avancés par Kigali sur la menace que représenteraient les FDLR pour la sécurité du Rwanda. Selon lui, cette question est utilisée par les autorités rwandaises pour justifier leur présence sur le territoire congolais

« Le Rwanda, je vous le dis aujourd'hui, est en difficulté. Leur prétexte mensonger utilisé depuis tout ce temps, les FDLR, les génocidaires, sont devenus d'ailleurs des vieux, des retraités. Ils disent que les FDLR menacent la sécurité du Rwanda. Lorsque les Américains ont pris la médiation, ils ont dit : “OK, vous les Congolais, vous pouvez régler ce problème.” Moi, je dis : comment allons-nous régler cela alors qu'ils ne représentent aucune menace ? Ils sont plutôt devenus dangereux pour notre pays en tuant des Congolais. Ils ont dit : pas de problème, vous pouvez toujours régler cela » a rapporté Félix Tshisekedi

Le président congolais a ensuite expliqué les démarches entreprises par son gouvernement pour éloigner les combattants des FDLR des zones de conflit et organiser leur prise en charge en attendant leur transfert vers un pays d'accueil ou leur retour au Rwanda

« J'ai dit OK, nous avons pris des contacts pour qu'ils commencent à quitter les zones où il y a des combats. Nous sommes en train de leur aménager un endroit à Kitona pour les y mettre en attendant de les envoyer dans un pays d'accueil. Ceux qui voudront regagner leur pays, au Rwanda, pourront rentrer. J'ai échangé avec un chef d'État africain, il a accepté, disant que, pour m'aider, il acceptait de les accueillir. Comme ça, nous allons régler leur situation. J'ai informé les Américains : un tel pays du continent a accepté de les accueillir, le temps de terminer le processus de démobilisation » a-t-il expliqué

Félix Tshisekedi a également affirmé que le président rwandais tentait de faire obstacle à cette démarche en contactant le dirigeant du pays africain qui s'était proposé d'accueillir les FDLR

« Le président rwandais a eu écho de cette démarche. Il a appelé le chef de l'État de ce pays-là pour lui dire : “Toi, tu ne peux pas entrer dans ces choses ici. Si tu acceptes d'accueillir ces gens-là, je vais considérer que toi aussi, tu as pris position contre moi” » a rapporté le chef de l'État congolais

Pour Félix Tshisekedi, cette démarche démontre, selon lui, que Kigali entretient la question des FDLR afin de disposer d'un argument pour justifier sa présence en République démocratique du Congo

« Donc, vous imaginez, le président rwandais est en train d'entretenir cette situation des FDLR pour qu'ils demeurent au Congo et qu'il ait toujours des prétextes pour justifier sa présence sur le sol congolais » a-t-il affirmé

Par ailleurs, le président congolais a évoqué la gestion de la question des FDLR sous son prédécesseur, Joseph Kabila. Il a estimé que cette problématique avait notamment servi à affaiblir le système de défense et de sécurité du pays avec la complicité de Joseph Kabila

« Ce prétexte des FDLR, avec mon prédécesseur Joseph Kabila, avait pour rôle d'affaiblir tout notre système de défense et de sécurité en interne. Se protéger seul, mais la protection du pays et des Congolais n'était pas son problème. Il leur permettait d'entrer au Congo et de faire tout ce qu'ils voulaient parce qu'on n'avait pas une bonne armée » a déclaré Félix Tshisekedi

L’accord de paix signé à Washington sous les auspices des États-Unis d’Amérique entre la République démocratique du Congo et le Rwanda prévoit notamment la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Plus d’un an après sa signature, alors que les résultats escomptés ne sont visibles d’aucun des deux côtés, Kinshasa a annoncé la signature d’un protocole visant le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR

Kigali conteste cette démarche, estimant que l’accord prévoit la neutralisation des FDLR et non la mise en place d’un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. Kinshasa défend, de son côté, le désarmement volontaire comme moyen de parvenir à la neutralisation durable du groupe armé et de lever l’argument sécuritaire invoqué par Kigali pour justifier sa présence sur le sol congolais.Cette divergence de vues et d’interprétations entre les deux parties rend davantage difficile la mise en œuvre dudit accord

Clément MUAMBA


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