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Peter Kazadi : Kabila prendrait la tête d'un nouveau mouvement issu d'une scission du M23

Photo ACTUALITÉ. CD

Le cadre de l'UDPS Peter Kazadi affirme connaître le contenu de la prochaine annonce de Joseph Kabila. Intervenant vendredi lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, il a assuré, sans en apporter la preuve, que l'ancien président s'apprête à prendre la tête d'un nouveau mouvement rebelle né d'une scission au sein du M23. « Notez ce que je viens de vous dire là, c'est ce qu'ils vont faire », a-t-il lancé.

Selon Peter Kazadi, qui dit s'appuyer sur des « renseignements » détenus « depuis longtemps », des recrutements ont déjà eu lieu. Une aile du M23 se détacherait sous un nouveau nom, avec Joseph Kabila à sa tête et Seth Kikuni à ses côtés. Il évoque des problèmes internes à la rébellion et une autorité de Corneille Nangaa « déjà contestée » par des proches de l'ancien président. Ces derniers, dit-il, le poussent à prendre la direction du mouvement, comme ses « fanatiques » lui avaient fait croire après 2019 qu'il pouvait revenir au pouvoir. Il estime que Joseph Kabila est « pris en otage » par cet entourage.

Invité à dire si le pouvoir a sa part de responsabilité dans la crise, le cadre de l'UDPS a refusé un débat qui, selon lui, ne repose « sur aucun fait ». Il a réaffirmé que « le M23, c'est Kabila », citant son séjour à Goma, d'abord nié selon lui, puis présenté comme des consultations dont rien n'a été annoncé. Il reproche à l'ancien président de n'avoir jamais condamné ni l'action du Rwanda ni celle des rebelles, qu'il qualifie de « ses enfants ». Il affirme aussi, sans plus de détails, que Joseph Kabila s'est rendu au Rwanda pour solliciter l'appui de Paul Kagame : « Ne me poussez pas à révéler certaines choses secrètes. »

Pour Peter Kazadi, la clé de la paix reste le retrait des troupes rwandaises. « Si Kagame quitte notre territoire, nous allons retrouver la paix », a-t-il déclaré, estimant que Joseph Kabila n'a ni les moyens militaires ni les ressources politiques pour menacer seul l'intégrité du territoire. Il est allé jusqu'à s'interroger sur la « congolité » de l'ancien président, qui aurait accumulé des milliards de dollars en 18 ans avant de se « détourner » du pays.

Répondant directement à Seth Kikuni, qui lui conseillait de faire ses valises, Peter Kazadi a rappelé avoir mené l'opposition sous Laurent-Désiré Kabila puis sous Joseph Kabila sans jamais quitter le pays. « Nous ne sommes pas des lâches comme vous autres qui, au moindre bruit, fuyez le pays », a-t-il rétorqué.

Sur la ligne du pouvoir, le cadre de l'UDPS a défendu une double approche. « Nous sommes décidés à faire la guerre à ceux qui nous font la guerre », a-t-il affirmé, tout en rappelant que le chef de l'État a annoncé un dialogue avec ceux qui privilégient les voies pacifiques pour corriger les défaillances de la gouvernance. Il n'exclut pas une solution via les pourparlers de Doha, mais prévient que le pouvoir ne baissera pas les armes.

Enfin, interrogé sur un engagement public de Félix Tshisekedi à respecter l'alternance en 2028, alors que la Constitution limite à deux les mandats présidentiels, Peter Kazadi s'est montré évasif. Il a rappelé que le président est « encore en plein mandat » et répété que « le peuple est souverain », qu'il « peut faire et défaire ». Il a refusé d'« ouvrir des brèches » sur ce débat, recentrant la discussion sur la « menace existentielle » qui pèse, selon lui, du fait de Joseph Kabila.