Le Sénat de la République démocratique du Congo a tenu lundi 28 septembre 2026, sa troisième séance plénière depuis l’ouverture de la session ordinaire de septembre 2026, dite « session budgétaire ». Présidée par le président de la Chambre haute, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, la séance, rapporte la cellule de communication du Sénat, a été consacrée à plusieurs dossiers d’importance, allant des questions sécuritaires aux enjeux liés à la transformation numérique, en passant par la santé publique.
À cette occasion, renseigne la cellule de communication du Sénat, la situation sécuritaire dans l’Est du pays figurait également parmi les principaux points inscrits à l’ordre du jour. Les sénateurs ont examiné la demande du gouvernement relative à la prorogation, pour une nouvelle période de 15 jours à compter du 29 septembre, de l’état de siège en vigueur dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.
Le dossier, examiné par la Commission Défense, Sécurité et Relations extérieures, a été présenté par le ministre d’État, ministre de la Justice, Guillaume Ngefa. Cette nouvelle prorogation, selon le garde des Sceaux congolais, vise notamment à permettre aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) de poursuivre leurs opérations dans le cadre des efforts visant à restaurer la paix et la sécurité dans les zones affectées par l’activisme des groupes armés.
Les sénateurs ont ensuite ouvert le débat général autour de la proposition de loi portant « Code du numérique », initiée par le sénateur Ivan Kazadi Kankonde. Selon la source citée, le texte entend établir un cadre juridique adapté aux mutations de l’environnement numérique en RDC.
Il aborde notamment la sécurisation des transactions électroniques et du commerce en ligne, la protection des données personnelles, la lutte contre la cybercriminalité ainsi que l’encadrement des activités liées aux startups et à la fintech. La proposition traite également des enjeux liés à la désinformation et à la protection des mineurs dans l’espace numérique.
« À l’issue de la présentation, le texte a été transmis à la Commission Infrastructures et Aménagement du territoire pour un examen approfondi dans un délai de sept jours », précise la cellule de communication du Sénat.
La séance plénière s’est également intéressée, en seconde lecture, à la question de la drépanocytose, à travers l’examen d’une proposition de loi consacrée à la prévention et à la prise en charge de cette maladie génétique. La proposition de loi portant lutte contre la drépanocytose en République démocratique du Congo provient de l’Assemblée nationale, où, sur les 378 députés ayant pris part au scrutin, 378 ont voté en faveur du texte.
Cette proposition, initiée par le député national Antoine Ntabala, vise notamment à renforcer la prévention, le dépistage précoce, l’accès aux soins ainsi que la prise en charge des personnes atteintes de cette maladie, considérée comme un enjeu majeur de santé publique. Le texte prévoit notamment la mise en place d’un dépistage néonatal systématique et gratuit, ainsi que des mesures visant à améliorer la prise en charge médicale des personnes atteintes.
Plus spécifiquement, cette initiative législative plaide pour la mise en place d’un cadre institutionnel et financier adapté au financement public et privé de la lutte contre la drépanocytose. Elle vise également à encourager la recherche scientifique sur le dépistage ainsi que sur les traitements innovants et curatifs. En même temps, la proposition de loi entend, d’une part, renforcer la prévention en rendant obligatoires et gratuits les dépistages prénuptial et néonatal, tout en intégrant des campagnes de sensibilisation sur la drépanocytose. D’autre part, elle vise à organiser une prise en charge efficace en garantissant l’accès aux soins de santé pour les personnes atteintes de drépanocytose, à travers la mise en place de centres spécialisés et de protocoles de soins adaptés.
C’est dans ce cadre que la proposition de loi a été confiée à la Commission Socio-culturelle du Sénat, qui dispose d’un délai de cinq jours pour procéder à l’examen et à l’harmonisation de ses différentes dispositions.
« Il apparaît plus qu’urgent de combler le vide juridique qui rend difficile la protection efficace des drépanocytaires, la prévention de cette maladie et sa prise en charge adéquate en RDC. Nous accordons ainsi un délai de cinq jours à la Commission permanente socio-culturelle pour un examen approfondi de la proposition de loi portant lutte contre la drépanocytose en République démocratique du Congo », a fait savoir Jean-Michel Sama Lukonde.
Il sied de signaler que les travaux avaient débuté par un moment de recueillement en mémoire de deux hauts responsables de l’appareil judiciaire militaire décédés dans un crash d’avion à Kenge. À l’ouverture de la séance, le président du Sénat, Sama Lukonde, a invité les sénateurs à observer une minute de silence en hommage aux victimes. À cette occasion, la Chambre haute a présenté ses condoléances aux familles éprouvées.
D’après Sama Lukonde, une enquête officielle a par ailleurs été annoncée afin de déterminer les circonstances de cet accident, conformément à la décision du président de la République et commandant suprême des Forces armées de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a décrété un deuil national ainsi que la mise en berne du drapeau national jusqu’à l’inhumation des victimes
Clément MUAMBA