Le lac Tanganyika a enregistré en 2025 un niveau d’eau et des températures de surface très supérieurs à la normale, selon un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur les ressources mondiales en eau.
Le niveau du lac s’est situé dans la catégorie « très au-dessus de la normale » par rapport à la période de référence 1995-2020, indique l’organisation.
Cette catégorie correspond aux valeurs atteignant ou dépassant le 90e percentile de la série historique utilisée par l’OMM. Autrement dit, le niveau observé se situe parmi les 10 % des valeurs les plus élevées de la période de comparaison.
Le rapport fait également état de températures de surface très supérieures à la normale en janvier et en juillet 2025. Les données sont, là encore, comparées à la période 1995-2020.
Partagé par la République démocratique du Congo, le Burundi, la Tanzanie et la Zambie, le lac Tanganyika fait partie des grands lacs africains ayant enregistré des niveaux particulièrement élevés en 2025.
L’OMM relève une situation comparable pour les lacs Malawi, Tchad, Victoria, Rukwa et Turkana ainsi que pour les réservoirs Volta et Nasser.
La situation thermique varie toutefois d’un lac à l’autre. Le lac Victoria a conservé des températures proches de la normale en janvier et en juillet, tandis que le lac Malawi est passé de températures très supérieures à la normale en janvier à des valeurs très inférieures à la normale en juillet.
Le rapport ne précise pas les conséquences du niveau et du réchauffement des eaux du Tanganyika sur les populations riveraines, la pêche, les écosystèmes, les installations portuaires ou les habitations situées sur les rives.
Il ne permet pas non plus d’établir, à lui seul, si les anomalies observées en 2025 correspondent à une tendance durable. L’OMM présente une photographie de l’année comparée aux données historiques, et non des projections sur l’évolution future du lac.
Le lac Tanganyika représente une ressource essentielle pour les populations de quatre pays riverains, notamment pour la pêche, le transport et les échanges commerciaux. Les effets locaux des anomalies signalées par l’OMM devront être établis à partir de données et d’observations complémentaires.