You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Diaporama
Slide 1 selected
Catégorie

Cyril Ramaphosa à la tête de la SADC: entre ambitions d’intégration, défis sécuritaires, enjeux migratoires et tensions politiques

Cyril Ramaphosa prend la présidence de la SADC

Après avoir assuré la présidence par intérim de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), Cyril Ramaphosa, président sud-africain, a officiellement pris ce lundi 17 août 2026 la présidence de cette organisation régionale après avoir reçu les symboles du pouvoir des mains de son homologue zimbabwéen, Emmerson Dambudzo Mnangagwa. Il s’agit de l’un des moments forts de la 46e réunion du Sommet, placée sous le thème : « Une industrialisation résiliente, durable et inclusive par le développement des infrastructures, la transformation agricole et la valorisation des minéraux critiques, pour un monde plus équitable ».

Dans sa déclaration d’acceptation, le président Cyril Ramaphosa, en tant que président de la SADC, a déclaré, au nom du gouvernement et du peuple sud-africains, accepter « avec une grande humilité et un profond sens des responsabilités l’honneur d’être élu président de la SADC ». En tant que nation, a-t-il ajouté, « nous sommes redevables envers les membres de la SADC et son prédécesseur, la Conférence de coordination du développement de l’Afrique australe (SADC), pour leur contribution à l’avènement de la démocratie dans notre pays ».

« Durant notre présidence de la SADC, nous nous engageons à travailler en étroite collaboration avec chaque État membre, guidés par les principes d’égalité souveraine, de respect mutuel et de recherche du consensus. Nous poursuivrons le travail entrepris par les précédents présidents de la SADC, qui ont dirigé notre Communauté avec vision et dévouement. Nous consoliderons les progrès accomplis en vue de la réalisation de notre Vision 2050 et de la mise en œuvre du Plan stratégique indicatif de développement régional de la SADC », a-t-il déclaré.

Il a promis d’œuvrer à une plus grande intégration des économies, en développant des liens commerciaux et d’investissement qui favorisent une industrialisation résiliente, durable et inclusive. Selon le chef de l’État sud-africain, la question de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionales occupera également une place de choix dans l’exercice de son mandat.

« En collaboration avec tous les États membres, nous promouvrons la paix, la sécurité et la stabilité dans notre région, conditions essentielles au bien-être et au développement de nos populations. En tant que gouvernement et peuple sud-africains, nous sommes déterminés, par notre présidence et notre participation continue à la SADC, à être dignes des luttes menées par les membres de cette Communauté pour conquérir notre liberté », a-t-il ajouté.

Ces assises de la SADC se tiennent en Afrique du Sud dans un contexte où le pays est secoué par une crise migratoire marquée par des actes de xénophobie, dont plusieurs ressortissants des États membres de la SADC sont également victimes. Il s’agit d’une préoccupation majeure dans la région, qui nécessitera une attention particulière et des réponses appropriées.

Sur cette question, Ronald Lamola, ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, avait, dans son discours d’acceptation de la présidence du Conseil des ministres de la SADC, exprimé la volonté de son pays de travailler avec les États membres afin de trouver des solutions idoines à la question migratoire. Il avait également appelé les États membres à signer le Protocole de la SADC sur la libre circulation des personnes, en vue de favoriser une migration régulière et ordonnée.

« Nous espérons qu’ensemble, nous pourrons tracer la voie vers des solutions globales et durables aux défis migratoires auxquels notre région est confrontée. Nous appelons donc les pays de notre bloc à signer le Protocole sur la libre circulation des personnes afin de permettre une migration régulière et ordonnée. Je tiens à remercier la SADC d’avoir rappelé le principe de subsidiarité lors du débat sur les migrations à la 49e session du Conseil exécutif de l’UA, en tant que région la plus touchée par cette question. Cette session offre en effet l’occasion d’aborder ce sujet et de le faire progresser. Nous espérons qu’ensemble, nous pourrons tracer la voie vers des solutions globales et durables aux défis migratoires auxquels notre région est confrontée. Nous appelons donc les pays de notre bloc à signer le Protocole sur la libre circulation des personnes afin de permettre des migrations régulières et ordonnées », avait déclaré le chef de la diplomatie sud-africaine lors de la réunion du Conseil des ministres de la SADC.

Au mois de juillet de l’année en cours, les autorités congolaises, via le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, ont annoncé l’arrivée à Kinshasa de 121 ressortissants rapatriés volontairement d’Afrique du Sud, à la suite des violences à caractère xénophobe survenues début mai dans ce pays, selon un communiqué du ministère congolais des Affaires étrangères. Ce premier vol de rapatriement volontaire, affrété par le gouvernement congolais, a transporté des femmes, des enfants et d’autres ressortissants congolais.

À cette autre question s’ajoute l’épidémie de la maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo. En sa qualité de champion de l’Union africaine sur des questions liées aux épidemies, Cyril Ramaphosa s’était déjà montré prêt à accompagner la RDC dans sa lutte contre cette épidémie. Le président Cyril Ramaphosa s’était même rendu à Kinshasa pour palper du doigt les réalités auprès des équipes qui mènent la riposte.

Alors que l’organisation fait également face aux critiques sur son incapacité à peser dans diverses crises au niveau régional, il sera appelé à se pencher sur la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, marquée par l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23. Depuis le retrait de la force de la SADC de l’Est de la RDC, au lendemain de l’occupation de Goma, l’organisation régionale, selon plusieurs observateurs, semble rester spectatrice, se contentant simplement de discours, alors que Kinshasa semble compter sur elle pour appuyer le retour de la paix dans l’Est de la RDC.

Cela a été visible lors des travaux du Conseil des ministres de la SADC, au cours desquels la RDC, via son ministre chargé de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a présenté le plan de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR, obtenu dans le cadre des accords de Washington signés avec Kigali sous les auspices des États-Unis. Il en a été de même lors de la réunion de la Troïka de la SADC, où Guy Kabombo et Thérèse Kayikwamba Wagner, ainsi que l’ensemble de la délégation congolaise, ont également porté la voix de la RDC pour plaider en faveur d’une implication régionale plus concrète en faveur de la paix. À travers sa participation, la République démocratique du Congo réaffirme son attachement au multilatéralisme régional et à une action collective en faveur d’une Afrique australe plus stable, plus intégrée et plus prospère.

Dans le même registre, la SADC, sous le leadership de l’Afrique du Sud, devra se pencher sur le suivi de la transition malgache depuis que l’ancien président malgache Andry Rajoelina a été renversé lors d’un coup d’État en octobre 2025. La transition politique à Madagascar, dirigée par le colonel Michaël Randrianirina depuis octobre 2025, prépare des élections générales simultanées, présidentielles et territoriales, ainsi qu’un référendum constitutionnel prévus pour fin 2027. 

Ce processus, dit de « refondation », fait l’objet d’un suivi attentif de la part de la SADC, qui exige une feuille de route claire dans l’objectif de garantir le retour à l’ordre constitutionnel. Un regard sera également porté sur la Zambie, où les élections sont en cours, ainsi que sur d’autres États de la région confrontés à différents types de crises.

La SADC est une organisation régionale composée de 16 États membres. Créée en 1980 sous le nom de Conférence de coordination du développement de l’Afrique australe (SADCC), elle devient, en août 1992, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

La mission de la SADC est de promouvoir une croissance économique et un développement socio-économique durables et équitables par le renforcement de la coopération et de l’intégration, ainsi que par la bonne gouvernance, la paix et la sécurité durables, afin que la région s’impose comme un acteur compétitif et efficace sur la scène des relations internationales et au sein de l’économie mondiale.

Clément MUAMBA

 

 


Dernières nouvelles

Soundcloud