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Ituri : près de 2 millions de déplacés, le gouverneur alerte sur les risques liés à la baisse des financements humanitaires

Le général-major Kasongo Mulumba Gaby, gouverneur militaire de l’Ituri

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce mercredi 19 août, à Bunia, le gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Kasongo Mulumba Gaby, a appelé la communauté internationale et les bailleurs à maintenir et renforcer leur soutien financier à une province confrontée à des besoins humanitaires croissants. Près de deux millions de personnes sont déplacées en Ituri, selon les données présentées lors de cette commémoration.

La cérémonie a réuni les autorités provinciales, les représentants des Nations Unies, les organisations humanitaires nationales et internationales, les acteurs de la société civile ainsi que des représentants des femmes, des jeunes et des populations déplacées.

Placée cette année sous le thème « Agir pour l’humanité », cette journée intervient dans un contexte particulièrement difficile pour l’Ituri. Les conflits armés continuent d'entraîner des déplacements massifs, tandis que l'insécurité alimentaire, la malnutrition et les difficultés d'accès aux services essentiels aggravent la vulnérabilité des communautés.

À ces crises s'ajoute depuis le 15 mai l'épidémie de maladie à virus Ebola.

Dans son discours, le gouverneur militaire a appelé les partenaires internationaux à ne pas réduire leur soutien à l'Ituri, alors que les besoins continuent d'augmenter. « La diminution des financements humanitaires risque de compromettre l’assistance vitale apportée à des millions de personnes. Derrière chaque réduction de ressources se trouvent des familles privées de soins, des enfants exposés à la malnutrition et des communautés entières laissées sans protection.»

Pour le gouverneur, les conséquences d'une diminution des financements ne se limiteraient pas aux organisations humanitaires. Elles toucheraient directement les populations déjà fragilisées par plusieurs années de conflits et de déplacements.

La province fait également face à plusieurs autres facteurs de vulnérabilité, notamment les épidémies récurrentes, les conséquences des catastrophes naturelles et du changement climatique ainsi que la fragilisation du tissu social.

Face à cette superposition des crises, le gouverneur appelle à une mobilisation durable des partenaires financiers.

« Nous avons besoin d'une solidarité concrète et renouvelée. Non par simple charité, mais parce que la dignité humaine est une responsabilité partagée.»

Le chef de l'exécutif provincial a également rendu hommage aux organisations humanitaires qui continuent d'intervenir malgré les contraintes sécuritaires et les difficultés d'accès à certaines zones.

Il a salué particulièrement le travail des acteurs locaux, des personnels de santé et des communautés qui accueillent les personnes déplacées.

Pour les autorités provinciales, le maintien des financements humanitaires demeure donc essentiel pour préserver les services de base, soutenir les populations déplacées et répondre simultanément aux différentes urgences qui frappent l'Ituri.

En cette Journée mondiale de l'aide humanitaire, le plaidoyer lancé depuis Bunia est ainsi adressé directement aux bailleurs : alors que les crises s'accumulent, une réduction de l'aide risque de creuser davantage la vulnérabilité des populations déjà fortement éprouvées.

L'épidémie d'Ebola vient davantage compliquer cette situation. Déclarée en Ituri le 15 mai 2026, elle impose la mobilisation d'importants moyens sanitaires et communautaires alors que les besoins humanitaires ordinaires restent considérables.

À l'échelle nationale, les dernières données disponibles font état de plus de 5 000 cas confirmés d'Ebola et de plus de 2 300 décès, illustrant l'ampleur de la crise sanitaire à laquelle les autorités et leurs partenaires doivent répondre.

Freddy Upar, à Bunia