Le personnel du Centre culturel et artistique pour les pays de l’Afrique centrale (CCAPAC–Grand Tambour) s’oppose à ce qu’il qualifie de « tentative de déstabilisation » du fonctionnement de l’établissement. Au cours d’un point de presse organisé ce vendredi 14 août 2026, les agents dénoncent notamment la précipitation entourant l’installation de directeurs et d’agents désignés par deux arrêtés ministériels et demandent la suspension de l’opération, le temps de procéder à une vérification administrative et salariale.
Selon eux, une correspondance du Secrétariat général à la Culture, Arts et Patrimoine a été adressée à la direction générale du CCAPAC afin de lui demander de procéder « sans délai » à l’installation des responsables désignés par les arrêtés ministériels CAB/MIN/YEM/COJU/DMM/0047/2025 du 7 juillet 2025 et CAB/MIN/YEM/COJU/DMM/0048/2025 du 10 juillet 2025.
La cérémonie avait été programmée pour le vendredi 14 août 2026 à 10 heures, soit, d’après le personnel, moins de 48 heures après la notification de cette correspondance.
Pour les agents du Grand Tambour, cette échéance ne laisse pas suffisamment de temps pour examiner les conséquences administratives de l’opération. Ils estiment que l’installation des personnes concernées pourrait modifier immédiatement la chaîne de commandement, l’organisation des services ainsi que la répartition des responsabilités au sein du Centre.
Le personnel affirme toutefois ne pas remettre en cause l’autorité de tutelle. Il dit plutôt vouloir attirer l’attention sur la nécessité d’un dialogue institutionnel et d’une vérification préalable des situations individuelles.
Le CCAPAC indique avoir, dès le 18 juin 2025, transmis une liste de 221 cadres et agents effectivement en exercice, conformément aux orientations du comité de pilotage. Le personnel affirme également que le Centre a collaboré avec le cabinet de la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine autour d’un projet de cadre organique.
Une réforme du cadre institutionnel en cours
Autre élément avancé par les agents, c’une réforme du décret fondateur du CCAPAC serait actuellement engagée sur instruction de la Première ministre, cheffe du gouvernement.
Selon le personnel du Grand Tambour, cette réforme a été initiée par la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine afin d’adapter le cadre juridique du Centre à ses missions, à ses ambitions et à son futur cadre organique.
À l’en croire, cette réforme en cours justifie davantage de prudence avant toute modification importante de l’organisation administrative du Centre.
Les agents demandent notamment que les affectations envisagées soient confrontées au futur cadre organique et que les rattachements administratifs des personnes concernées soient clarifiés.
Au-delà de la cérémonie d’installation, le personnel soulève une question qu’il présente comme particulièrement préoccupante : celle de la prise en charge salariale des agents qui travaillent effectivement au CCAPAC.
Dans leur allocution, le personnel affirme que le cabinet de la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine aurait demandé au ministère du Budget de suspendre le processus de prise en charge et de paiement des agents effectivement en service au Centre.
Les agents affirment n’avoir bénéficié d’aucune prise en charge salariale par le gouvernement depuis janvier 2025, alors qu’ils assureraient depuis l’ouverture du Centre les activités administratives, techniques, artistiques et culturelles.
Dans le même temps, ils contestent la présence, sur les listes de paie envisagées, de personnes dont le travail effectif au CCAPAC ne serait pas établi.
Le personnel affirme que certaines de ces personnes « n’auraient jamais exercé » au sein du Centre et seraient, pour certaines, déjà fonctionnaires dans d’autres institutions publiques.
Ces accusations, formulées par les agents du CCAPAC, nécessitent toutefois d’être établies au moyen de documents administratifs et de vérifications contradictoires. Le personnel lui-même demande que cette vérification soit menée sur la base des matricules, actes d’affectation, services d’origine, prises de service, registres de présence et situations salariales.
Le personnel réclame un audit contradictoire des situations individuelles
Face à cette situation, les agents demandent qu’aucune inscription, suspension ou modification des listes de paie ne soit mise en œuvre avant l’achèvement d’une vérification conjointe impliquant notamment la tutelle, le ministère du Budget et, si nécessaire, les services compétents de la Fonction publique.
Ils redoutent qu’une décision prise sans cette vérification ne pénalise les agents effectivement présents au Centre au profit de personnes dont la situation administrative resterait, selon eux, à clarifier.
Le personnel invoque à cet égard des considérations d’équité, de protection des droits des travailleurs et de préservation des deniers publics.
James Mutuba