You are using an outdated browser. For a faster, safer browsing experience, upgrade for free today.
Diaporama
Slide 1 selected
Catégorie

En Ituri, la campagne « Notre Terre sans pétrole » veut faire barrage à l’exploitation pétrolière

Visuel service infographie/ACTUALITE.CD

Dans les rues de Bunia, des voix se sont élevées mercredi contre l’exploitation pétrolière en Ituri. Pancartes et messages de sensibilisation à l’appui, des membres du Cadre de concertation sur les ressources naturelles (CdC/RN), accompagnés de plusieurs organisations nationales et internationales, ont lancé la campagne écologique « Notre Terre sans pétrole ».

La campagne a été officiellement lancée à l’occasion d’un point de presse organisé pendant une marche dans les artères du Boulevard de Libération, à Bunia. Derrière cette mobilisation, une préoccupation centrale : préserver les écosystèmes de l’Ituri et, particulièrement, le lac Albert face aux risques liés à l’exploitation des hydrocarbures.

Pour le secrétaire permanent du CdC/RN, Dieudonné Kasonia, le message porté par la campagne se veut à la fois écologique et inclusif. « Notre terre sans pétrole » entend, selon lui, mobiliser l’ensemble de la société autour des enjeux climatiques et environnementaux.

Le lac Albert au cœur des inquiétudes

L’exploitation pétrolière est présentée par les organisations mobilisées comme une menace supplémentaire dans un contexte déjà marqué par les effets du changement climatique.

« Toutes nos rivières ont monté y compris le lac Albert suite à ce changement climatique », a expliqué Dieudonné Kasonia lors du point de presse. Pour le responsable du CdC/RN, l’exploitation du pétrole risquerait d’aggraver cette situation en accentuant la pression sur les écosystèmes.

Les inquiétudes ne concernent pas uniquement le lac Albert. Les organisations engagées dans la campagne mettent également en avant la forêt du bassin du Congo et le rôle du fleuve Congo dans la régulation du climat mondial. Elles redoutent que l’exploitation pétrolière entraîne une dégradation supplémentaire des espaces forestiers et des milieux naturels.

Le spectre du lac Tchad

Pour illustrer les risques qu’elles associent à l’exploitation pétrolière, les organisations citent notamment les exemples du Nigeria et du Tchad.

Dieudonné Kasonia évoque les conséquences environnementales observées au Nigeria, pays producteur de pétrole, ainsi que la situation du lac Tchad. Il établit un parallèle avec le lac Albert et appelle à éviter que celui-ci ne connaisse, à son tour, une dégradation irréversible.

Au-delà des déclarations, la campagne veut surtout installer le débat dans l’espace public et pousser les autorités à revoir leur approche de l’exploitation des hydrocarbures en Ituri.

Sensibilisation, plaidoyer et mobilisation annoncés

Le lancement de « Notre Terre sans pétrole » ne constitue que la première étape d’une mobilisation appelée à se poursuivre. Le CdC/RN annonce plusieurs activités dans les prochains mois : campagnes de sensibilisation, actions de plaidoyer et de lobbying, émissions et interventions médiatiques, mais aussi des activités académiques avec des scientifiques.

Les populations vivant dans les zones concernées par les blocs pétroliers 1, 2 et 3 du graben Albertine, le long du lac Albert, devraient également être associées à ces initiatives.

L’objectif affiché est de faire entendre la voix des communautés locales, des organisations de la société civile, des médias et du monde scientifique dans le débat sur l’avenir pétrolier de la région.

Un appel au retrait des blocs pétroliers

À travers cette campagne, le CdC/RN et ses partenaires souhaitent également obtenir le retrait des 27 blocs pétroliers concernés par le processus d’attribution lancé par les autorités congolaises.

Les organisateurs saluent toutefois la décision prise le 11 octobre 2024 par le ministre des Hydrocarbures concernant le retrait partiel des appels d’offres pétroliers et gaziers lancés le 28 juillet 2022.

Pour les défenseurs de la campagne, la bataille est désormais celle de la mobilisation. À Bunia, la marche a donné le coup d’envoi d'une campagne qui entend porter le débat au-delà de l’Ituri et interpeller l’ensemble du pays sur le choix entre exploitation des hydrocarbures et protection des écosystèmes.

Dans une région où le lac Albert constitue à la fois une source de vie et un espace écologique majeur, le slogan « Notre Terre sans pétrole » se veut ainsi plus qu’un message de campagne : une invitation à réfléchir aux conséquences environnementales des choix énergétiques de la République démocratique du Congo.