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RDC : le Parc national de la Garamba retiré de la liste du patrimoine mondial en péril de l'UNESCO

Le Parc national de la Garamba n'est plus inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril de l'UNESCO. La décision a été adoptée lors de la 48ᵉ session du Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO, tenue à Busan, en République de Corée, ce samedi 25 juillet.

Inscrit pour la première fois au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1980, le Parc national de la Garamba avait été placé sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1984 en raison des menaces croissantes pesant sur sa faune exceptionnelle et ses écosystèmes. En 1992, il avait été retiré de cette liste grâce aux progrès réalisés en matière de conservation, notamment à l'augmentation de la population de rhinocéros blancs du Nord. Toutefois, en 1996, le parc y avait été réinscrit en raison de l'intensification du braconnage visant des espèces emblématiques, et il y est resté jusqu'à ce jour.

Cette décision marque une étape majeure et constitue une reconnaissance de plusieurs décennies de travail, d'engagement et de dévouement de toutes les personnes ayant contribué à la conservation du Parc national de la Garamba.

La Liste du patrimoine mondial en péril vise à informer la communauté internationale des conditions qui menacent les caractéristiques mêmes pour lesquelles un bien a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial et à encourager des mesures correctives. Le retrait de la Garamba de cette liste témoigne du fait que sa valeur universelle exceptionnelle est désormais protégée grâce à une gestion efficace et durable à long terme.

En novembre 2024, la République démocratique du Congo avait engagé un plaidoyer en faveur du retrait du Parc national de la Garamba de la liste des sites en péril. Lors de la COP16, organisée à Cali, en Colombie, le gouvernement congolais avait officiellement sollicité le retrait de ce site emblématique, mettant en avant les progrès réalisés grâce à un partenariat public-privé avec l'ONG African Parks, acteur impliqué dans la restauration du parc.

Situé dans la province du Haut-Uele, au nord-est de la République démocratique du Congo, à proximité de la frontière avec le Soudan du Sud, le Parc national de la Garamba a longtemps subi les conséquences de l'instabilité sécuritaire qui a touché la région depuis les années 1990. Les activités de groupes armés locaux et régionaux, notamment l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), ont gravement affecté sa biodiversité, en particulier par le braconnage des éléphants et la dégradation de l'écosystème, conduisant à son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

Créé en 1928 à l'époque du Congo belge, le Parc national de la Garamba couvre une superficie d'environ 5 000 km². Il est notamment réputé pour sa station de domestication d'éléphants de Gangala na Bodio, dont l'existence remonte à 1908. Depuis octobre 2005, l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a confié la gestion du parc à African Parks Conservation.

Le parc est également connu pour abriter une population de rhinocéros blancs (Ceratotherium simum cottoni). Il accueille aussi d'autres grands mammifères, notamment des éléphants, des girafes du Nord (Giraffa camelopardalis congoensis), des hippopotames, des buffles et des okapis. Ses paysages sont composés de vastes savanes herbeuses et boisées, de forêts-galeries le long des rivières et de dépressions marécageuses.

Josué Mutanava, à Goma