La série des incendies se poursuit dans la ville de Goma, au Nord-Kivu. Un nouvel incendie s’est déclaré ce samedi 12 septembre en début d’après-midi sur l’avenue Zizi, non loin de l’école Kadogo, dans le quartier Katoyi, commune de Karisimbi.
Plusieurs maisons ont été touchées et certaines habitations ont été entièrement consumées. L’origine de l’incendie reste jusque-là inconnue. Le sinistre a laissé plusieurs ménages sans abri, contraignant certaines familles à passer le week-end à la belle étoile.
Dans la nuit du vendredi au samedi 12 septembre, un autre incendie a également ravagé plusieurs maisons dans le village Ngangi 1, dans le groupement Munigi, en territoire de Nyiragongo. Selon plusieurs sources, des dizaines de maisons ont été calcinées. L’intervention des voisins a permis d’empêcher le feu de se propager davantage à d’autres habitations.
Le vendredi 11 septembre dans la soirée, un autre incendie s’était déclaré vers 18 heures dans le quartier Bujovu, sur l’avenue Biteko. La cause de cet incendie serait liée à une mauvaise installation de batteries sur panneau, qui aurait déclenché plusieurs flammes avant de consumer plusieurs maisons.
Le véhicule anti-incendie de la Protection civile est intervenu plus tard pour limiter les dégâts. L’incendie a causé d’importants dégâts matériels, notamment la perte de biens et de bétail. Aucune victime humaine n’a été signalée. Toujours le vendredi 11 septembre dans l’après-midi, un nouvel incendie s’était déclaré dans le quartier Katoy, vers Nyabushobgo, dans la commune de Karisimbi. Le sinistre s’était produit en face de l’église communément appelée « des Banyamulenge », près du marché des chèvres.
Selon plusieurs témoins présents sur place, des dizaines de maisons seraient déjà parties en fumée. Le nombre exact d’habitations touchées ainsi que l’origine du feu n’étaient toutefois pas encore connus. Le jeudi 10 septembre, un autre incendie avait été signalé dans le quartier Kasika, toujours dans la commune de Karisimbi, à l’entrée du camp Katindo. Déclaré vers 13 heures, le feu s’était rapidement propagé d’une parcelle à l’autre, touchant plus de huit concessions et réduisant plusieurs habitations en cendres. Au même moment, un autre incendie s’était déclaré dans la commune de Goma, au quartier Katindo, vers la RVA, non loin de la base de la MONUSCO. Une maison avait été entièrement calcinée.
L’origine de ces deux incendies du jeudi 10 septembre n’avait pas été déterminée dans les premières informations disponibles. Aucun bilan humain n’avait non plus été communiqué.
La veille, mercredi 9 septembre, un incendie avait également été enregistré dans le quartier Majengo, dans la commune de Karisimbi. Le feu, déclaré vers 21 heures 50 près du marché Ki30, avait réduit en cendres près de dix habitations ainsi que plusieurs biens de valeur. Les maisons construites en planches s’étaient embrasées les unes après les autres. Des boutiques avaient également été détruites. Des jeunes s’étaient mobilisés pour tenter de limiter la propagation des flammes et récupérer quelques biens, tandis que certains individus s’étaient livrés au vol.
Un bâtiment ainsi qu’une clôture en matériaux durables avaient toutefois contribué à ralentir la progression du feu. La multiplicité des incendies enregistrés à Goma au cours de cette semaine suscite des interrogations parmi les habitants. Certains pensent que ce phénomène serait lié au réchauffement climatique qui s’observe au cours de ce mois de septembre, alors que celui-ci était censé être un mois pluvieux. D’autres évoquent une théorie de complot de la part des nouveaux occupants de la ville de Goma, qui tenteraient de trouver des abris après l’incendie des maisons de plusieurs victimes.
Face à la répétition de ces incendies, les habitants plaident pour des interventions urgentes des autorités compétentes, notamment l’installation de dispositifs de lutte contre les incendies dans les différents quartiers de la ville. Ils estiment que la forte promiscuité et la prédominance des maisons en planches favorisent la propagation rapide des flammes.
Jusqu’à présent, les autorités de l’AFC/M23 ne se sont pas encore prononcées sur cette série d’incendies qui continue de s’observer dans la ville depuis le début du mois de septembre, à part l’incendie survenu à Bukavu, dans le quartier Chimpunda, qui avait coûté la vie à une vingtaine d’écoliers et à la suite duquel trois jours de deuil national avaient été décrétés dans les territoires occupés par la rébellion de l’AFC/M23.
Josué Mutanava , à Goma