Face à ce qu'il juge être un rapport de la CNDH « pas objectif », l'opposant Martin Fayulu (ECiDé) a réclamé ce samedi, lors du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l'ouverture d'une enquête internationale et indépendante sur les incidents du sit-in du 12 juin.
« Mais bien sûr, il faut une enquête internationale, une enquête indépendante », a-t-il déclaré, en réponse à une question du journaliste, qui évoquait l'éventualité d'une commission mixte associant la CNDH, la C64, la PNC et la société civile pour clarifier les cas encore contestés.
Martin Fayulu a justifié cette exigence par le sort de trois militants qu'il affirme avoir vu enlevés devant le siège de son parti, dont un seul corps aurait été retrouvé à ce jour. « La preuve est très simple : ils nous ont pris trois corps, trois personnes. Ce n'est pas à nous de citer les noms, ou à la CNDH de poser les questions. Allez poser la question à la police : où sont les deux corps ? », a-t-il lancé, refusant de fournir lui-même les identités réclamées par la CNDH.
Il a par ailleurs comparé cette affaire au dossier non résolu des « charniers de Maluku », qu'il a présenté comme un exemple d'enquête restée sans réponse malgré les années écoulées : « Depuis qu'on parle des charniers de Maluku, les gens qu'on a eus à l'époque... Nous avons toujours demandé que des enquêtes soient faites, avec tous les collègues, toutes les associations internationales des droits de l'homme. Cette page ne sera pas close. »
L'opposant a également rejeté la crédibilité de la CNDH elle-même : « La CNDH, nous n'avons rien à voir avec elle. Elle n'est pas crédible », préférant réclamer des poursuites judiciaires directes contre les éléments de la « Force du Progrès » et des policiers qu'il accuse d'être impliqués dans les violences subies par plusieurs leaders de l'opposition, dont lui-même, Delly Sessanga, Ados Ndombasi et Jean-Marc Kabund.