Près de 20 jours après l’institution par ordonnance présidentielle d’un comité chargé de préparer la mise en place de la commission devant organiser le dialogue national annoncé en RDC, le directeur de cabinet du président de la République, Anthony Nkinzo Kamole accompagné de Fortunat Biselele et d’autres membres de la majorité au pouvoir, a été reçu samedi 3 octobre 2026 à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga par Mgr Fulgence Muteba Mugalu, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) à l’archevêché de Lubumbashi (Haut Katanga)
Au centre de leur entretien, rapporte la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), figurait la question du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, convoqué par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. Cette rencontre, présentée comme une première officielle entre les deux personnalités, s’inscrit dans la continuité des consultations engagées depuis plusieurs mois avec les responsables des confessions religieuses dans le cadre des préparatifs du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État
« Mgr Fulgence Muteba, président de la CENCO, s’est entretenu samedi 3 octobre avec une délégation de la Présidence de la République, conduite par le directeur de cabinet du chef de l’État. Accompagné du Rév. Éric Senga (ECC) et de Mgr Donatien Nshole, SG de la CENCO, il a échangé sur le projet de “Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État”. L’Église catholique réaffirme son ouverture au dialogue, tout en insistant sur l’inclusivité et la crédibilité du processus » lit-on sur le compte X de la Conférence épiscopale nationale du Congo
Ces échanges interviennent à un moment clé du processus marqué par la mise en place progressive des organes préparatoires du dialogue, notamment le comité d’organisation et la commission préparatoire. Ce processus de dialogue national, placé sous le suivi du sommet de l’État devrait aboutir à la mise en place d’un Pacte national autour de la restauration de la paix, du renforcement de la cohésion nationale et de la refondation de l’État
Il sied de signaler que dans ce comité préparatoire institué par ordonnance présidentielle et qui attend la prochaine désignation de ses animateurs, le directeur de cabinet du président de la République est appelé à jouer un rôle majeur. Selon la même ordonnance, le comité rendra régulièrement compte de ses activités au président de la République, par l’intermédiaire de son directeur de cabinet, notamment au moyen de notes d’étape, de séances de briefing ou de rapports circonstanciés. Les orientations présidentielles lui seront également transmises par le directeur de cabinet
La durée de sa mission n’est pas limitée par une échéance précise. Le comité accompagnera « toute la vie du processus du dialogue » et cessera ses activités après la remise de son rapport final. Son fonctionnement, ainsi que celui de son secrétariat technique, sera financé par le Trésor public. Le texte mentionne également les dons, legs et libéralités parmi ses ressources. Les membres du comité et les experts bénéficieront d’une allocation forfaitaire mensuelle. Son montant et ses modalités de paiement seront fixés par le directeur de cabinet du président de la République après validation par le chef de l’État
L’initiative de dialogue national lancée par le président Félix Tshisekedi intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires en RDC. Annoncé officiellement au mois d’août 2026 comme un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », le processus doit, selon la Présidence, traiter les causes structurelles de l’instabilité du pays et s’étendre sur une période maximale de trois mois en commençant à la base avant d’atteindre les instances nationales
Cependant, son format suscite des désaccords au sein de la classe politique. Une partie de l’opposition conteste notamment les modalités du processus et réclame davantage de garanties quant à son caractère inclusif et consensuel. La question de la préparation, de la facilitation et de la participation des différentes forces politiques et sociales demeure ainsi au cœur des divergences autour de ce dialogue
Clément MUAMBA