À l'occasion de la journée de réflexion consacrée aux réformes constitutionnelles, la Coalition interconfessionnelle pour la nation (CIN/RDC), à travers son Conseil national des évêques d'État du Congo, a dévoilé sa position sur le débat relatif à un éventuel changement de la Constitution de la République démocratique du Congo. La plateforme religieuse s'est prononcée en faveur d'une nouvelle Constitution, tout en insistant sur la nécessité de recourir au référendum pour garantir la légitimité du processus.
Dans son mémorandum, la CIN/RDC formule plusieurs propositions visant à renforcer le fonctionnement des institutions. Elle préconise notamment que la future Constitution confère au Président de la République le plein pouvoir de nommer le Premier ministre, les gouverneurs et les vice-gouverneurs des provinces. La plateforme recommande également qu'un gouverneur ne soit plus originaire de la province où il exerce ses fonctions, estimant que cette mesure pourrait contribuer à une gestion plus impartiale des entités provinciales.
La coalition propose par ailleurs la création d'un Conseil citoyen de médiation, de concertation et de paix, réunissant les différentes confessions religieuses et courants spirituels. Cette structure aurait pour mission de prévenir les crises et de formuler des propositions de sortie de crise lorsque la stabilité du pays est menacée.
Au cours des échanges, plusieurs participants ont également insisté sur les conditions devant encadrer toute réforme constitutionnelle.
"C'était un échange houleux et nous sommes tombés dans la direction qui rime avec l'idée qu'aucune élection ne peut se tenir sans référendum et qu'un référendum ne peut se tenir sans la récupération de Goma et Bukavu. Nous avons convenu qu'il faut laisser à l'Assemblée nationale réviser la Constitution comme c'était en 2011. Mais nous voulons que la proposition du Président de la République promettant de mettre en place une Commission d'experts puisse tenir compte de toutes les tendances religieuses, de la société, des universités et de chercheurs et tous les partis politiques pour que nous puissions avoir une équipe qui va représenter tout celui qui peut réfléchir et apporter un plus au développement du pays", a déclaré Dr Sylvain Mutombo, Président national du RDT et Coordinateur national de la majorité extra parlementaire de l'Union sacrée de la nation, MEP-USN.
La CIN/RDC affirme, de son côté, que toute réforme de la Loi fondamentale doit être soumise directement au peuple congolais.
"Nous déclarons notre soutien au principe d'un changement de la Constitution de la République, mais affirmons avec fermeté que celui-ci ne peut intervenir que par la voie référendaire, seul mécanisme permettant au peuple souverain de s'exprimer librement, directement et démocratiquement sur son avenir institutionnel. Nous réaffirmons que le peuple demeure l'unique détenteur de la souveraineté nationale et qu'aucune réforme constitutionnelle d'une telle importance ne saurait être légitime sans son approbation explicite.", a déclaré la CIN/RDC.
Dans cette perspective, la plateforme religieuse appelle le Président de la République à promulguer la loi portant organisation du référendum, récemment adoptée par les deux chambres du Parlement. Selon elle, cette étape est indispensable pour doter le pays du cadre juridique nécessaire à l'organisation de consultations populaires sur les grandes questions institutionnelles.
"Nous saluons également l'adoption par l'Assemblée nationale et le Sénat de la loi portant organisation du référendum. En conséquence, nous vous demandons respectueusement de procéder à sa promulgation afin qu'elle entre en vigueur et puisse servir de fondement juridique à l'organisation des consultations populaires sur les questions majeures engageant l'avenir de notre Nation, notamment celle relative au changement de la Constitution.", se sont-ils demandé au Président de la République.**
À travers cette déclaration, la Coalition interconfessionnelle pour la nation entend contribuer au débat sur les réformes institutionnelles en mettant l'accent sur l'inclusivité, la souveraineté populaire et la recherche d'un consensus national autour de l'avenir constitutionnel de la République démocratique du Congo.