La prise en charge de certaines maladies reste fortement limitée dans la zone de santé de Mulongo, en province du Haut-Lomami. Une évaluation conjointe réalisée en avril 2026 par Médecins Sans Frontières (MSF) et le ministère de la Santé met en évidence des insuffisances dans l'offre de soins, notamment pour le VIH, la tuberculose et la malnutrition.
D'après les résultats de cette évaluation, la zone de santé de Mulongo compte 48 structures sanitaires réparties dans 26 aires de santé. Toutefois, seuls trois établissements offrent des services de prise en charge du VIH, tandis que le dépistage de la tuberculose n'est assuré que dans deux structures.
L'évaluation relève également des difficultés persistantes d'accès aux services liés au VIH, notamment les tests de dépistage, les traitements destinés à prévenir et prendre en charge les infections opportunistes ainsi que les antirétroviraux pédiatriques. Ces difficultés sont aggravées par des ruptures récurrentes de médicaments et de tests diagnostiques.
Par ailleurs, Médecins sans frontières indique que la prise en charge de la malnutrition demeure inexistante dans la zone depuis 2018, faute d'intrants nutritionnels et d'organisations intervenant dans ce domaine, laissant les enfants souffrant de malnutrition sans réponse adaptée.
Les insuffisances de l'offre de soins s'inscrivent dans un contexte marqué par des pénuries de médicaments essentiels, des contraintes logistiques, des difficultés de planification des besoins et des financements limités, qui affectent l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement des structures sanitaires.
Selon l'évaluation, ces insuffisances réduisent l'accès des patients aux services spécialisés et entraînent des retards de diagnostic ainsi que des interruptions de traitement pour plusieurs pathologies, dont le paludisme, le VIH et la tuberculose.
Face à cette situation, Médecins sans frontières appelle les autorités sanitaires, les programmes nationaux et les partenaires techniques et financiers à renforcer durablement les capacités du système de santé, notamment en améliorant l'approvisionnement en médicaments et intrants essentiels ainsi que l'accès aux services spécialisés dans les zones les plus enclavées.
Josué Mutanava, à Goma