Ebola : la Haute Cour du Kenya bloque un projet américain de centre de quarantaine

Ph/Franck Ngonga, MSF

La Haute Cour du Kenya a suspendu provisoirement un projet lié à l’accueil sur son territoire de personnes exposées ou infectées par le virus Ebola dans le cadre d’un arrangement avec les États-Unis, selon une ordonnance judiciaire consultée vendredi.

Dans cette décision rendue le 28 mai, la juge Patricia Nyaundi interdit notamment aux autorités kényanes d’établir, d’autoriser ou de faciliter toute installation d’exposition, de quarantaine, d’isolement ou de traitement Ebola au Kenya en vertu d’un arrangement avec les États-Unis ou tout autre gouvernement étranger, dans l’attente de l’examen de l’affaire.

L’ordonnance interdit également aux autorités de permettre l’entrée au Kenya de personnes exposées ou infectées par Ebola dans le cadre de cet arrangement contesté.

Le recours a été introduit par l’organisation kényane Katiba Institute, qui affirme que la Cour a reconnu l’urgence de l’affaire et accordé des mesures conservatoires provisoires.

La Maison Blanche avait indiqué jeudi que les États-Unis mettaient en place au Kenya une installation destinée à placer en quarantaine des citoyens américains exposés au virus Ebola. Washington prévoit de ne pas rapatrier aux États-Unis les personnes développant des symptômes, mais de les envoyer vers un pays tiers.

Cette décision intervient alors que les États-Unis ont renforcé leurs échanges avec Nairobi autour de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo qui sévit actuellement en République démocratique du Congo et en Ouganda.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est entretenu le 28 mai avec le président kényan William Ruto au sujet de la riposte à l’épidémie. Selon un communiqué américain, Washington prévoit d’engager 13,5 millions de dollars pour renforcer la préparation du Kenya face à Ebola, en plus de 112 millions de dollars d’assistance bilatérale déjà mobilisés pour la réponse régionale.

Dans ce même communiqué, les États-Unis affirment que leur priorité est de “protéger la santé et la sécurité du peuple américain en empêchant l’épidémie d’Ebola d’atteindre nos côtes”.

La prochaine audience dans cette affaire est prévue le 2 juin.