Ebola en RDC : le gouvernement ambitionne de contenir et maîtriser la 17e épidémie dans un délai de 4 à 6 mois

Photo d'illustration
L'enterrement d'un patient atteint d'Ebola

Après avoir été frappé par 16 épidémies de la maladie à virus Ebola dans l’histoire sanitaire du pays, le gouvernement de la République démocratique du Congo s’est fixé pour objectif un horizon de quatre à six mois afin de contenir la 17e épidémie qui sévit actuellement dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo.

S’appuyant sur l’expérience de précédentes flambées de cette épidémie, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a, lors du briefing presse tenu mardi 26 mai, estimé que la durée de la riposte pourrait être réduite, même si l’évolution exacte du nombre de cas et de décès reste incertaine.

Ce membre du gouvernement reconnaît toutefois que l’évolution de l’épidémie reste imprévisible, insistant sur la priorité de limiter au maximum son impact sanitaire.

"Nous avons un chronogramme que nous nous sommes donnés avec l'expérience que nous avons avec ce que nous pensons, nous pensons que dans les 4 à 6 mois on devrait arriver à arrêter cette épidémie. On sera à combien de cas contaminés, personne aujourd'hui ne peut le dire, on sera à combien de morts, personne ne peut le dire mais ce qu'on peut dire on met les moyens pour que ça soit le moins possible", a déclaré Samuel Roger Kamba.

Le ministre a rappelé que les précédentes épidémies pouvaient durer plusieurs années, citant notamment celle de 2018 qui s’est prolongée jusqu’en 2020, tout en soulignant que les autorités actuelles veulent accélérer la réponse.

"Rappelez-vous que l’épidémie de 2018 s’est terminée en 2020. Nous, quand nous disons six mois, vous voyez que nous avons vraiment compressé, nous voulons mettre le paquet pour que cela se termine dans le délai le plus court possible", a-t-il expliqué lors de son intervention.

Au-delà des aspects techniques, Roger Kamba est revenu sur la situation critique du personnel soignant en première ligne, qu’il décrit comme fortement exposé et déterminant dans la riposte. Tout en leur rendant hommage, il a réaffirmé la volonté et la détermination du gouvernement à améliorer leurs conditions de vie et de travail.

"Le premier message, et le plus important encore une fois, c’est de dire que nous avons un personnel de santé très dévoué qui paie un lourd tribut dans cette épidémie. Moi-même, je suis médecin, nous, au niveau du ministère de la Santé, nous sommes totalement derrière ce personnel pour l’encourager et le soutenir. Comme je l’ai dit au début, nous travaillons à améliorer leurs conditions immédiates de travail, mais aussi leurs conditions de vie", a rassuré le ministre Samuel Roger Kamba.

Le ministre a également voulu rassurer la population sur la politique de communication des autorités sanitaires, affirmant une volonté de transparence totale sur l’évolution de l’épidémie. Il a rejeté toute idée de dissimulation des cas, soulignant que la transparence est essentielle pour éviter une aggravation de la situation.

Pour le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, la lutte contre Ebola repose sur une détection rapide et une action collective.

"Nous sommes la principale source d’information que vous devez consulter. Nous n’allons pas cacher les chiffres. Une épidémie ne s’arrête pas parce qu’on cache les chiffres. Si on cache cinq ou dix cas, demain il y en aura cinquante, on ne peut pas cacher une épidémie, nous devons tous travailler ensemble pour la détecter et la contenir", a fait remarquer le ministre de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale.

En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.

Les conflits, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental rendent difficiles le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux pays voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.

Clément MUAMBA