Descente de la Garde républicaine chez lui en 2022 : Kabund dénonce « un État voyou qui n'existe pas »

Jean-Marc Kabund dévoilant son nouveau parti
Jean-Marc Kabund dévoilant son nouveau parti

Jean-Marc Kabund est revenu en détail sur les événements de janvier 2022 qui ont marqué le début de sa rupture fracassante avec le pouvoir. Dans son live Space ce samedi avec Stanis Bujakera Tshiamala, il explique que, tout commence dans un embouteillage : son convoi de plus de cent véhicules est bloqué par un individu se réclamant de la famille présidentielle, accompagné d'un militaire.

Lorsque ce dernier tente d'intimider ses policiers ou de leur donner des ordres illégaux, selon Kabund, ceux-ci le maîtrisent et le conduisent à l'auditorat militaire avec une déposition. « Dans les États sérieux, la police interpelle tout le monde, même les ministres», a-t-il rappelé, estimant que ses hommes avaient agi dans les règles.

C'est la réponse du pouvoir qui, selon lui, a tout basculé. Plus de 500 éléments de la Garde républicaine sont envoyés assiéger son quartier et vandaliser sa résidence, lui qui était alors premier vice-président de l'Assemblée nationale et président intérimaire de l'UDPS, le parti au pouvoir. Une démonstration de force qu'il juge non seulement disproportionnée mais profondément illégale.

Kabund souligne qu'il existait des voies légales et administratives simples pour traiter l'incident : saisir l'auditorat militaire compétent, ou contacter l'unité ayant déployé ses policiers pour les mettre à disposition de la justice. « Si la Garde républicaine estimait que les policiers commis à ma garde avaient mal agi, la moindre des choses aurait été de saisir l'auditorat militaire », a-t-il martelé, dénonçant le choix délibéré de la force brute sur le droit sur ordre dit-il, de Félix Tshisekedi lui-même.

Pour l'opposant, cette nuit résume à elle seule la nature du pouvoir qu'il a contribué à installer : « Envoyer plus de 500 éléments de la Garde républicaine venir assiéger tout un quartier, vandaliser ma maison, ça c'est digne d'un État qui n'existe pas. » Une formule qui sonne comme un réquisitoire contre celui qu'il présente désormais non plus comme un président républicain, mais comme le chef d'un État dont les institutions ont été confisquées au profit d'un pouvoir personnel et arbitraire.