À Kisangani, la situation reste tendue au quartier Plateau-Médical, dans la commune de Makiso, où un projet de démolition d’habitations pour la construction d’un camp militaire a provoqué des violences ayant conduit à la destruction de plusieurs biens ce vendredi 24 avril 2026.
Route de l'hôpital général jusqu'au petit marché Cabine est barricadée depuis l'avant-midi. Des habitations ont été démolies et incendiées suivi des affrontements entre les jeunes de Cabine et la Police. À la base de ces incidents : des éléments FARDC ont procédé, sans communication préalable, à l’installation de piquets marquant le début des opérations de démolition d'un large pan. C'est en vue de la construction d’un camp militaire à proximité de l’aéroport de Simi-Simi.
Des coups de balle ont retenti jusqu'à toucher même la salle informatique de l'hôpital général de Makiso. Les habitants estiment que leurs droits ont été bafoués et rappellent qu'ils habitent le lieu depuis des décennies. Dans une correspondance adressée au ministre de la Défense, le Député National Lotika Likwela Théoveul à suspendre « préventivement » la décision de démolition.
« En attendant la vérification des titres et des droits des occupants, et pour ce faire, je vous propose de grâce, mettre en place une commission mixte constituée de l'armée, les services fonciers et les occupants », a écrit le Député National.
Son collègue Fontaine Mangala a, quant à lui, saisi les responsables de l'armée au niveau de la province. « Nous avons appris la démolition des espaces habités aux abords de l’aéroport de Simi-Simi. Nous appelons les services concernés à respecter l’honneur et la dignité des occupants. Nous invitons toutes les parties à s’abstenir de recourir à la violence comme moyen de revendication ou de réclamation. Les responsables de l’armée ont déjà été saisis afin de fournir des éclaircissements sur cette affaire », a réagit le Député Fontaine Mangala.
Gaston MUKENDI