Alors que la République démocratique du Congo et le Rwanda s’étaient convenus de « mesures concrètes » de désescalade afin de relancer et de faire avancer le processus de paix de Washington, signé entre les deux États sous l’égide des USA lors de la réunion organisée du mardi 17 au mercredi 18 mars à Washington, sa mise en œuvre continue d’avancer à pas de tortue et sans impact réel sur le terrain qui reste marqué par des tensions persistantes entre les deux pays, ainsi que par la poursuite de l’escalade entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23.
C’est ce qu’il faut retenir de la cinquième réunion du Comité mixte de surveillance, tenue jeudi 23 avril 2026 à Washington. Des représentants de la RDC, du Rwanda ainsi que des États-Unis, de l’État du Qatar, du Togo (en tant que médiateur de l’Union africaine) et de la Commission de l’Union africaine, se sont réunis pour évaluer la mise en œuvre de l’accord de paix signé le 27 juin 2025 à Washington. Selon le communiqué final, les deux parties se sont limitées à présenter un état de leurs efforts respectifs visant à faire progresser la mise en œuvre de l’accord sur le terrain.
"Le Comité a examiné les progrès accomplis à la suite des réunions des 17 et 18 mars 2026 à Washington. Les deux parties ont présenté des mises à jour sur la mise en œuvre de leurs efforts visant à désamorcer les tensions et à faire progresser les choses sur le terrain", rapporte le communiqué publié par le Département d'État.
Au cours de la même réunion, poursuit le communiqué publié par l’administration américaine, l’État du Qatar a fait le point sur les négociations en cours entre la République démocratique du Congo et la rébellion de l’AFC/M23. Le Comité a exprimé son “ferme” soutien à ces efforts, remerciant la Suisse d’avoir accueilli le dernier cycle de pourparlers de Doha et soulignant le rôle crucial du processus de Doha dans la mise en œuvre plus large de l’accord de paix.
En dépit de ces réunions répétitives, la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer, malgré la multiplication des initiatives diplomatiques censées contribuer à la résolution de cette crise. L’érosion de la confiance entre les parties et l’absence de volonté politique de certains acteurs de la région, qui entrave la concrétisation des engagements pris, demeurent un défi majeur pour les médiateurs, notamment les États-Unis d’Amérique et l’État du Qatar, appelés à œuvrer en faveur d’une issue à la crise sécuritaire actuelle, marquée par l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23.
Face à cette situation, des voix continuent de s’élever, tant au niveau national, régional qu’international, appelant les différents protagonistes au respect des engagements pris dans le cadre des initiatives de paix. Toutefois, ces appels restent, jusqu’à présent, sans effet notable, alors que l’objectif est de réduire le fossé persistant entre les réalités du terrain et les avancées diplomatiques constatées sur le papier.
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Clément MUAMBA