Le député Hermès Itina a déposé, ce lundi 20 avril, une proposition de loi visant à modifier et compléter la loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 de l’enseignement national. Cette initiative législative ambitionne de moderniser le système éducatif congolais en l’alignant sur les mutations technologiques et les exigences contemporaines.
Selon l’élu de la Tshangu, cette réforme s’inscrit dans une dynamique d’adaptation aux évolutions du secteur éducatif, tout en respectant les engagements constitutionnels et internationaux de la République démocratique du Congo.
« Elle s’inscrit dans le prolongement des instruments juridiques internationaux ratifiés par la République, notamment ceux relatifs au droit à l’éducation, ainsi que des dispositions pertinentes de la Constitution, en particulier ses articles 43 et 44 qui consacrent le droit à l’éducation et la gratuité de l’enseignement primaire », a expliqué Hermès Itina à Actualite.cd
Malgré les progrès enregistrés depuis l’entrée en vigueur de la loi actuelle, le député souligne plusieurs insuffisances.
« En dépit des avancées notables enregistrées depuis l’entrée en vigueur de cette loi-cadre, sa mise en œuvre a révélé plusieurs insuffisances d’ordre normatif, institutionnel et fonctionnel », a-t-il déclaré.
Il évoque notamment l’évolution rapide des technologies, le manque de mécanismes de contrôle efficaces, la persistance de pratiques contraires à la gratuité de l’enseignement et l’inadéquation de certains contenus pédagogiques avec les réalités nationales.
La réforme proposée poursuit plusieurs objectifs majeurs. Elle vise notamment à intégrer des notions modernes telles que l’intelligence artificielle, la citoyenneté numérique et l’éducation financière dans les programmes scolaires. Elle ambitionne également de renforcer les mécanismes de régulation du secteur éducatif afin de lutter contre les pratiques illégales.
Par ailleurs, le texte prévoit l’instauration d’évaluations périodiques des enseignants ainsi qu’un système d’agrément renouvelable pour les établissements scolaires, dans le but d’améliorer la qualité de l’enseignement. Il met aussi l’accent sur la promotion d’un enseignement davantage ancré dans les réalités nationales et africaines.
Autre innovation notable : l’introduction d’un mécanisme d’obligation de servir pour les bénéficiaires de financements publics, afin de limiter la fuite des cerveaux.
Sur le plan structurel, la proposition de loi comporte trois articles. Le premier reprend les dispositions modifiées de la loi-cadre actuelle, le deuxième introduit les nouvelles réformes, tandis que le troisième fixe la date de son entrée en vigueur.
À travers cette initiative, Hermès Itina entend impulser une transformation profonde du système éducatif congolais, en phase avec les enjeux du XXIe siècle.