À l’ouverture de la session de mars au parlement ce lundi 15, le député national Joseph Nkoy Wembo s’est exprimé sur la question clivante de la révision ou changement de la constitution, qu’il estime politique que juridique.
À travers sa déclaration consultée par ACTUALITE.CD, l’élu de Sankuru explique qu’il revient aux autorités, dépositaires du pouvoir politique d’en définir les orientations, indiquant que la limitation de ce débat aux considérations juridiques c’est « occulter la dimension fondamentale du contexte socio-politique de notre pays ».
« Le débat doit être cadré dans une perspective politique : il s’agit de définir des orientations claires pour indiquer la direction que doit prendre la Nation. Le changement de la Constitution est une décision politique, et non une démarche juridique. Les options politiques sont prises par ceux qui détiennent le pouvoir au moment précis. Ainsi, réduire ce débat à des arguments strictement juridiques revient à occulter la dimension fondamentale du contexte socio-politique de notre pays », déclare le député national.
Aussi, M. Joseph Nkoy Wemba souligne qu’il appartient au président Tshisekedi « d’ouvrir la réflexion sur cette option politique et de prendre les dispositions qui s’imposent ». Néanmoins, le parlementaire reconnait la place du souverain primaire, le peuple, dans ce débat démocratique controversé.
« Dans une démocratie comme la nôtre, le pouvoir appartient au peuple. La Constitution du 18 février 2006, telle que modifiée à ce jour, dispose que tout pouvoir émane du peuple, lequel peut l’exercer directement par voie de référendum. L’opposition politique, qui conteste cette option, agit dans la logique de son rôle démocratique », ajoute Joseph Nkoy Wemba.
Alors qu’il ne reste que deux ans et quelques pour la fin du mandat du président de la République, sa famille politique est décidément engagée à un projet de changement de la constitution, dont Félix Tshisekedi avait lui-même donné le ton l’an dernier. L’opposition se dit, elle, prête à barrer la route à cette ambition dans laquelle elle voit la volonté du pouvoir en place de briguer un troisième mandat.
Samyr LUKOMBO