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Photo ACTUALITE.CD.

Le commissaire supérieur de la police à Butembo a expliqué à la presse que l’intervention de la police à Furu, l’une des cellules de la ville qui ont connu des tensions ce vendredi 22 novembre, visait à restaurer l’ordre public. D’après lui, des jeunes manifestants ont bloqué le trafic en jetant des barricades sur différentes artères, façon pour eux, de faire observer la journée ville morte décrétée dans la ville par des groupes de pression, dont le Parlement Debout de Furu, en vue de décrier les tueries des civils à Beni et exiger le départ de la Mission des Nations Unies en RD Congo, qu’ils accusent de « n’avoir rien fait pour empêcher la résurgence des violences qui endeuillent Beni depuis plus de 5 ans ».

Pour le colonel Ricard Mbambi, la police ne devrait pas tolérer la perturbation de l’ordre public.

« Je ne m’oppose pas à la ville morte. Je suis commandant de la police dans la cité, ce qui m’importe c’est l’ordre public. Aujourd’hui, les amis avaient déjà annoncé une ville morte. On a fourni les efforts pour appeler les intéressés, parce qu’en tant que commandant de la police, j’appelle les organisateurs pour avoir des précisions. Ce qui m’importe, c’est ce qui s’est passé. Vous programmez une journée ville morte, vous vous déclarez démocrate, mais vous barricadez la route, vous brûlez des pneus sur la chaussée. Maintenant que les amis de Furu ont barricadé la route, est-ce que la police doit croiser le bras ? Non, sinon ça serait une police irresponsable. Vous avez barricadé la route, la police doit venir la dégager. C’est dans mes attributions de dégager la route pour permettre la circulation des personnes et de leurs biens », se justifie le colonel Richard Mbambi.

Au sujet des coups de feu qui ont retenti une bonne partie de la journée dans la partie nord de la ville, notamment à Furu, le responsable de la police a indiqué à la presse que les forces de l’ordre ont fait usage des coups de feue suite aux menaces que présentaient déjà les manifestants. Le colonel Richard Mbambi a révélé que deux coups de feu sont venus du rang des manifestants, amenant les forces de l’ordre à réaliser qu’elles étaient en face « des manifestants armés et violents ».

« Certainement que les amis des droits de l’homme auront le temps de dire que j’ai utilisé des moyens disproportionnés. Non, nos policiers ont recouru aux grenades lacrymogènes, parce qu’il y avait des manifestants violents qui leur jetaient des pierres, et sur les véhicules de la police. Vous allez me dire qu’il y a eu aussi des coups de feu (lancés par des policiers), mais je vous dis que sur le mont Mihake (une colline à hauteur de Furu), il y a eu deux coups de feu qui sont sortis du côté des manifestants, et là vous allez nous dire que nous sommes en présence des paisibles populations ? Mais non, nous sommes en présence des groupes armés, parce que la paisible population ne peut pas avoir une arme à feu. Voilà pourquoi vous avez entendu des crépitements de coups de feu », révèle le colonel Richard Mbambi.

Sans avancer quelconque chiffre, le commissaire supérieur de la police confirme des arrestations dans le rang des manifestants, y compris « des jeunes en détention des machettes et des lances pierres ». Il souhaite que la justice convoque l’organisateur de la journée ville morte pour tirer au clair la situation. L’appel à une journée ville morte a été à la base de la paralysie des activités toute la journée de ce vendredi au centre-ville de Butembo. Boutiques, magasins, banques et marchés n’ont pas ouvert. Les écoles ont fait retourner écoliers, élèves et étudiants à la maison, pour éviter toute surprise désagréable.

Claude Sengenya

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