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“En RDC, il est impératif d'organiser la culture” (Michel Kalamo)

Jeudi 14 février 2019 - 19:06
Michael Kalamo fondateur de MNKF

Photographe et vidéaste, Michael Kalamo est le fondateur de MNKF, comprenez “Mahisha niku furahiyi” en swahili - “Il faut savoir profiter de la vie” en français. Fondé il y a moins de cinq à Goma, MNKF ambitionne de redorer l’image de la RDC sur la scène internationale.

Michael Kalamo, bonjour et surtout merci de répondre à ces questions. Pour ceux qui ne vous connaissent pas, comment vous présenteriez-vous?

Je suis un entrepreneur social et juriste de formation. En tant qu’entrepreneur, je suis le fondateur  et le CEO de la MNKF Creative, il s’agit d’une maison de production qui possède également une branche dédiée à la communication. Nous sommes à la base d’un certain nombre d’initiatives comme par exemple le “Bauma sholarship and Books ” qui lutte contre l’analphabétisme dans la région du Kivu. Nous travaillons également sur le projet d’un centre culturel qui sera basé à Sake, dans lequel il y aura une section “Bold for women” ainsi qu’une bibliothèque.

Vous êtes un passionné de culture et d'art. Et pourtant votre cursus universitaire est assez loin de ce domaine. Qu'est-ce qui vous amène à la culture?

Au niveau juridique dans mon pays je suis convaincu qu’il y a encore énormément de choses à faire mais je pense que la culture influence plus que le droit. Il est vrai que le droit c’est le pouvoir, mais la culture c’est le vécu et l’expression des populations. Je pense qu’avec ma caméra, je suis en mesure de mener plus loin un plaidoyer plutôt que devant un barreau. La culture a une plus grande portée et je me considère comme un avocat culturel.

L'année dernière vous avez initié sur les réseaux sociaux une campagne pour récolter des livres pour votre faculté et d'autres facultés de l'ULPGL. Pouvez-vous revenir sur cette campagne, vos motivations et ce qu'il en est sorti ?

Effectivement, l’année dernière j’ai initié la campagne “Un livre pour l’ULPGL”, nous avons même créé un hashtag afin de rassembler le plus possible. Tout est parti d’un constat personnel. Pendant que je rédigeais mon mémoire, je me suis rendu compte que j’étais en manque de livre, vous n’êtes pas sans ignorer que la majorité de la vie universitaire se passe dans les livres mais chez nous il y a un manque cruel de documentation. Cela m’a révolté, cela a été l’élément déclencheur de la campagne.

On peut également vous suivre sur certains réseaux sociaux où vous faites la promotion de votre ville à travers vos photos. Goma en a t elle besoin? Pourquoi?

A l’ère des réseaux sociaux, je pense que nous avons tous le devoir de parler de nos villes et des régions dans lesquelles nous vivons. Il faut également noter qu’il y a un manque de communication sur l’Afrique et sur le Congo en particulier. Le Congo est beau, le Congo est vaste mais il y a très peu de personnes qui connaissent ce Congo là. Très peu de personnes ont voyagé à travers tout le pays et les rares personnes qui ont eu l’opportunité de ne faire que quelques provinces se permettent de donner un avis global sur le pays...L’Afrique est en manque de communication. Si nous communiquons sur nos villes, sur notre pays ça veut dire qu’on les aiment. Mes photos témoignent indirectement l’expression de l’amour que j’ai pour mon pays et le devoir que j’ai de véhiculer un bon message autour de la RDC. C’est aussi cela l’objectif de MNKF, pouvoir changer l’image négative que le reste du monde a du Congo. -

Michael, que représente l'image dans votre vie?

L’image c’est ce qui nous rappelle qu’on a existé, l’image nous rappelle que nous sommes inscrit dans ce monde! La photo et la vidéo permettent de perpétuer nos connaissances. l’image c’est plus l’expression de l’âme humaine, nous ne pouvons pas exister sans images.

Vous êtes un entrepreneur culturel, alors que nous savons qu'en RDC votre pays, les politiques culturelles sont quasi inéexistantes. A quoi cela est dû selon vous? Et surtout comment faire pour inverser la tendance?

C’est une lutte qui va s’inscrire dans la durée. La seule manière d’inverser la tendance c’est de ne pas se laisser aller dans les pièges qui nous entourent, ceux des petites recettes qui nous font oublier qu’il faut travailler sur la culture et sur notre pays. On doit s’organiser et savoir se vendre culturellement.

Propos recueillis par Kudjirakwinja Nabintu

 

 

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