Devant plus de 5 000 militaires réunis à la « Place de la Loyauté » au camp militaire Colonel Tshatshi, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, le commandant de la Garde républicaine (GR), le Général-Major Kabi Kiriza Ephraïm, a tenu des propos fermes à l’égard de l’ancien président Joseph Kabila devenu chef du mouvement politico-militaire Front pour la refondation de la nation (FRN) qui succède à la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda et qui continue d’occuper de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans une adresse axée sur le patriotisme, la discipline et la loyauté envers les institutions de la République, il a dénoncé l’engagement de l’ancien chef de l’État dans la dynamique rebelle et réaffirmé la détermination de son unité à assurer la sécurité du président Félix Tshisekedi. À cette occasion, le Général-Major Kabi Kiriza Ephraïm, commandant de cette unité d’élite chargée notamment de la protection du président de la République, de ses hôtes de marque et des installations présidentielles, a estimé que la colère de la population se tournerait contre Joseph Kabila.
D'après le service de communication des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le commandant de la GR a ensuite abordé plusieurs questions liées à la discipline militaire, à l’engagement patriotique et à la nécessité de préserver la cohésion au sein de cette unité stratégique. Il a dénoncé ce qu’il considère comme des campagnes d’intoxication visant la Garde républicaine à travers les réseaux sociaux et les médias.
« L’intox, par des politiciens qui ont de mauvais positionnements, les fait passer des messages sur les réseaux sociaux, à travers la télévision, disant que la GR a fait ceci, la GR a fait cela. Je vais citer le nom de quelqu’un. J’avais dit un jour, lors d’une causerie ici, que la personne en question disait que celui qui nous a formés était notre commandant suprême. Je cite le nom de Monsieur Joseph Kabila. Il s’est considéré comme militaire. C’est vrai, nous l’avons vu porter les galons de général-major, mais est-ce qu’il comprend au moins la gravité de ce qu’il a fait en ralliant, en créant un mouvement rebelle ? Est-ce qu’il sait que la colère de la population congolaise, en principe, est tournée contre lui ? », a-t-il déclaré lors de son intervention, le vendredi 23 octobre 2026.
Outre ses critiques contre Joseph Kabila, le Général-Major Kabi Kiriza Ephraïm a exhorté ses hommes à ne jamais trahir la nation et à se départir de tout comportement susceptible de compromettre leur engagement envers la République. Il leur a également transmis les orientations du commandant suprême issues de la dernière réunion du Conseil supérieur de la défense, en insistant sur la discipline, la loyauté et le respect de la hiérarchie.
Le commandant de la Garde républicaine a par ailleurs réaffirmé l’engagement de son unité à assurer la sécurité du président Félix Tshisekedi jusqu’au sacrifice suprême.
« La Garde républicaine est au service d’un seul citoyen, c’est le premier citoyen de la République. La Garde républicaine est là, sera là pour assurer sa sécurité, et cela jusqu’au sacrifice suprême. Tout ce que les gens sont en train de penser, qu’ils sachent qu’ils sont en train de taper à côté. Oh, il y aura défection ? Chez nous, nous faisons un bloc autour du père de la nation », a-t-il affirmé lors de son intervention.
Cette activité intervient dans un climat de fortes tensions politiques et sécuritaires marqué par les débats autour de la proposition de loi sur l’organisation et l’encadrement du référendum en République démocratique du Congo récemment adoptée par les députés nationaux, ainsi que par la mutation de la rébellion de l’AFC/M23 appuyée par le Rwanda, en Front pour la refondation de la nation. Ce mouvement s’est donné pour mission de tout mettre en œuvre, y compris par la force, pour renverser le régime constitutionnel en place, qu’il accuse d’instaurer la tyrannie et la dictature.
La poursuite des affrontements impliquant l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda et désormais désignée comme le FRN dans le texte, sous l’autorité de Joseph Kabila, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les tensions entre Kinshasa et Kigali ainsi que les conséquences humanitaires du conflit continuent de mettre à l’épreuve les efforts diplomatiques de Washington et de Doha visant à restaurer la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs. Face à la persistance de l’écart entre les avancées diplomatiques et la réalité sur le terrain, des voix s’élèvent pour appeler les différentes parties au respect des engagements pris dans le cadre de ces initiatives.
Clément MUAMBA