Les activités de riposte contre la maladie à virus Ebola sont suspendues dans plusieurs piliers de la zone de santé rurale de Nia-Nia, en territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Les agents affectés à la surveillance, à la communication des risques et à l’engagement communautaire (CREC), ainsi qu’à la prévention et au contrôle des infections (PCI), ont déclenché une grève sèche, générale et illimitée depuis le jeudi 22 octobre 2026.
Ces agents réclament le paiement de leurs primes des mois d’août, de septembre et d’octobre 2026. Ils affirment avoir multiplié les démarches auprès des responsables de la riposte, sans obtenir de réponse favorable.
Selon les grévistes, une première requête a été adressée au coordonnateur de la riposte le 2 octobre, avant qu’un ultimatum ne soit lancé le 5 octobre. Une première grève avait également été annoncée du 10 au 11 octobre. Le mouvement avait ensuite été suspendu du 13 au 19 octobre, à la suite d’échanges avec les partenaires Africa CDC et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), afin de permettre à la hiérarchie de trouver une solution à leurs revendications.
Cependant, en l’absence de paiement, les agents ont décidé de reprendre leur mouvement et de suspendre toutes les activités relevant des trois piliers concernés jusqu’au versement intégral de leurs primes.
Le docteur Robert Tsongo, membre du pilier surveillance et porte-parole occasionnel des grévistes, indique que les agents ne reprendront pas le travail tant qu’ils n’auront pas la garantie d’être payés. Ils dénoncent notamment les disparités dans le paiement des primes entre les différents piliers de la riposte, certains agents ayant déjà perçu leurs rémunérations alors que d’autres restent impayés.
« Nous avons pris la décision de suspendre le travail car depuis le mois d’août jusqu’au mois d’octobre nous n’avons pas touché de salaire. Depuis que les responsables de la poste se sont mis d’accord avec le barème, nous continuerons la grève jusqu’à ce que nous soyons sûrs d’avoir été payés. Il n’est pas possible que des parents travaillent pendant trois mois sans que le salaire ne soit payé. Nous demandons aux grands dirigeants qui gèrent cette poste de faire des efforts pour honorer leurs promesses car chaque employé mérite un salaire. Nous les avons rencontrés en maintes reprises, nous avons même rencontré les partenaires, nous les avons vus, nous avons apporté des lettres mais jusqu’à présent il n’y a aucune réponse et nous en sommes maintenant à une deuxième lettre pour leur dire qu’ils doivent agir et tenir leurs promesses. », a-t-il fait savoir.
Les grévistes demandent aux responsables chargés de la gestion de la riposte de respecter leurs engagements et de procéder au paiement de leurs primes. Ils préviennent également qu’ils pourraient organiser des manifestations si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Cette grève intervient dans un contexte marqué par des préoccupations concernant les retards de paiement des agents mobilisés dans la riposte contre Ebola en République démocratique du Congo.
Lors de son passage à Bunia, en juillet dernier, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, avait affirmé que ces retards n’étaient pas liés à un manque de fonds. Il avait également dénoncé des dérives qualifiées d’« Ebola Business » et des manipulations présumées sur les listes de paiement.
Le ministre avait alors annoncé une harmonisation des primes destinées aux médecins, aux infirmiers et aux relais communautaires, afin de réduire les disparités de rémunération. Le ministère de la Santé avait par ailleurs indiqué qu’une rallonge budgétaire était prévue dans le cadre de la loi de finances rectificative, alors en cours d’examen.
Josué Mutanava, à Goma