Félix Tshisekedi a réuni ce samedi les députés et sénateurs de l'Union sacrée, sa famille politique, pour les mobiliser à l'approche du dialogue national et répondre à leurs inquiétudes, deux semaines après la prise de tête par Joseph Kabila du Front pour la refondation de la nation (FRN), issu de l'AFC/M23, le 12 octobre à Goma. Selon nos informations, le chef de l'État a assuré que la situation était sous contrôle à tous les niveaux et demandé aux élus de rassurer la population et de rester unis, attachés à la République et à l'unité nationale.
Félix Tshisekedi a réservé ses mots les plus durs à son prédécesseur. Retourner les armes contre le pays que l'on a dirigé pendant dix-huit ans prouve, selon lui, qu'on ne l'a « jamais aimé ». Il a affirmé que Joseph Kabila avait été « contraint de sortir du bois sous la pression pour donner la coloration congolaise à cette agression », estimant que les sanctions et la pression militaire congolaise ont asphyxié Kigali. « Pour le peu que j'ai eu à le pratiquer, je peux vous assurer que Joseph Kabila est un peureux », a-t-il lancé.
Le président congolais s'en est aussi pris à Paul Kagame, qui avait, selon lui, trente ans d'avance sur la RDC en la diabolisant dans les capitales étrangères. Il affirme avoir mis fin à cette dynamique et rendu plus difficile le pillage des ressources naturelles du pays. Sur le plan sécuritaire, il s'est dit confiant dans une armée qu'il dit avoir reprise en main et qui monte en puissance, malgré la persistance des infiltrations.
Sur le dialogue, Félix Tshisekedi a demandé aux élus d'en expliquer le sens à leurs électeurs. Il ne s'agit pas, selon lui, d'un exercice destiné à le maintenir au pouvoir, mais de rendre au pays une certaine « normalité ». Selon une source présente, il aurait toutefois déclaré : « Cette Constitution, je ne l'aime pas, et vous le savez. Vouloir la changer ou la toucher, c'est votre responsabilité. Si, en 2028, vous refusez, je m'arrête là. » Il a ajouté avoir une mission : remettre le pays sur les rails et installer une paix durable.
Le chef de l'État doit nommer la semaine prochaine les animateurs du dialogue, les coordinations nationale et provinciales ainsi que les superviseurs de chaque province. Deux cofacilitateurs de l'Union africaine, un homme et une femme, appuieront les travaux.