Un premier participant a été vacciné vendredi à Bunia, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, dans le cadre d’un essai clinique destiné à évaluer plusieurs candidats vaccins contre le virus Bundibugyo (BDBV), responsable d’une forme de maladie à virus Ebola, ont annoncé les responsables de l’étude.
Baptisé « Tumaini » (« espoir » en swahili), cet essai clinique de phase 2/3 intervient alors que la RDC fait face à une importante épidémie de BDBV, déclarée officiellement le 15 mai 2026.
Selon les données communiquées par les promoteurs de l’étude, 9.552 cas et 4.602 décès avaient été confirmés dans le pays au 21 octobre.
Il n’existe à ce jour aucun vaccin approuvé spécifiquement contre le virus Bundibugyo. L’essai Tumaini doit évaluer la sécurité, la réponse immunitaire et l’efficacité de plusieurs candidats vaccins susceptibles d’être utilisés contre cette souche.
« L’intégration de cet essai dans la riposte à Ebola constitue une étape importante pour répondre aux besoins urgents des communautés touchées », a déclaré le Pr Steve Ahuka-Mundeke, responsable de terrain de la riposte en RDC.
« Notre priorité est d’enrayer la transmission et de sauver des vies, tout en veillant à ce que la recherche soit étroitement coordonnée avec les actions de terrain », a-t-il ajouté.
Tumaini repose sur un dispositif dit de « plateforme adaptative », permettant d’évaluer plusieurs candidats vaccins simultanément dans le cadre d'un même protocole.
Les vaccins seront notamment administrés selon une stratégie de « vaccination en anneau », qui consiste à vacciner les contacts et les personnes exposées autour d’un cas afin de créer une barrière contre la propagation du virus.
Le premier vaccin intégré à l’essai est Ervebo, déjà autorisé contre le virus Ebola de type Zaïre (EBOV).
Deux autres candidats spécifiquement développés contre le BDBV devraient rejoindre prochainement l’essai. Financés par la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), ils sont développés respectivement par Moderna et par l’université d’Oxford, cette dernière en collaboration avec le Serum Institute of India.
La sélection des vaccins repose sur un processus indépendant conduit par un groupe consultatif technique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Les adaptations du protocole doivent également être approuvées par l’autorité réglementaire congolaise, l’ACOREP.
L’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de RDC et le Global Health Institute de l’université d’Anvers codirigent l’étude et en sont les co-promoteurs.
Le ministère congolais de la Santé en assure la direction et la supervision au niveau national, tandis qu’un comité de pilotage est chargé de coordonner l’essai avec les autres activités de riposte à l’épidémie.
L’objectif est de recueillir rapidement des données permettant d’établir si ces vaccins peuvent contribuer à maîtriser l’épidémie actuelle, mais aussi renforcer les moyens disponibles face à de futures flambées du virus Bundibugyo.