Le PPRD Benelux demande à la diplomatie belge de tenir compte des causes politiques de la crise congolaise après la condamnation par Bruxelles de la prise de direction du Front pour la refondation de la Nation (FRN) par Joseph Kabila. Dans une déclaration publiée le 21 octobre à Bruxelles, la fédération du parti de l’ancien président estime que la position belge ne peut se limiter à condamner le recours aux armes.
La réaction intervient au lendemain de la prise de position du ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot. Devant la Commission des relations extérieures de la Chambre, celui-ci a qualifié la création du FRN de « développement très préoccupant » et condamné le choix de Joseph Kabila de diriger un mouvement politico-militaire visant, selon lui, à accéder au pouvoir par les armes plutôt que par les voies démocratiques.
Dans son communiqué signé par Damas Matondo, le PPRD Benelux reproche à Bruxelles de ne pas suffisamment prendre en compte, selon lui, le contexte politique ayant précédé la création du FRN. La fédération évoque notamment les poursuites visant Joseph Kabila et plusieurs responsables du PPRD ainsi que ce qu’elle présente comme des restrictions de l’espace politique.
Le parti revient également sur les violences liées à la manifestation du 15 septembre 2026. Il s’appuie notamment sur le rapport de la Coalition Article 64 (C64), qui fait état de 240 arrestations, 64 blessés et un décès. Ces chiffres sont ceux rapportés par la C64 et restent à distinguer d’un bilan officiellement consolidé.
Le PPRD Benelux demande ainsi à la Belgique de soutenir des enquêtes indépendantes sur ces violences et de favoriser un dialogue politique inclusif.
Sur le processus de paix, le parti estime également que la nouvelle configuration politique autour du FRN doit être prise en compte dans les discussions visant à résoudre la crise congolaise. Cette position intervient alors que Bruxelles continue de défendre les processus de paix de Doha et de Washington, malgré leur lenteur, et appelle les différentes parties à privilégier la négociation.
La déclaration du PPRD Benelux intervient donc dans un contexte où la position belge et celle des proches de Joseph Kabila divergent nettement sur la légitimité du recours au mouvement politico-militaire comme moyen d’action politique.
Freddy Upar, à Bunia