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Malgré une production alimentaire mondiale suffisante, la faim aiguë persiste, la RDC parmi les pays les plus touchés, alerte l’ONU

Un cas de malnutrition aigue sévère

Les Nations Unies lancent une nouvelle alerte: plus de 266 millions de personnes sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire aiguë à travers le monde. La République démocratique du Congo (RDC) figure parmi les pays du monde les plus touchés, aux côtés du Soudan, du Soudan du Sud, du Yémen et de la bande de Gaza.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé, lundi 19 octobre à l’ouverture de la 54e session du Comité des Nations Unies sur la sécurité alimentaire mondiale à Rome, à garantir le droit à l’alimentation pour tous.

Selon le chef des Nations Unies, les conflits, le chaos climatique et la hausse des coûts de la vie rendent l’alimentation de base de plus en plus difficile à des millions de personnes. Il a alerté sur la persistance de la faim malgré une production alimentaire mondiale suffisante pour nourrir l’ensemble de la population.

António Guterres a ainsi lancé un appel aux gouvernements, aux agriculteurs, aux scientifiques, aux peuples autochtones, aux entreprises et la société civile à transformer leurs engagements en actions concrètes.

Le chef de l’ONU a également alerté sur le risque d’un épisode El Niño particulièrement intense, susceptible d’aggraver les difficultés des systèmes alimentaires, notamment dans les pays en développement. Il a appelé à préserver les chaînes d’approvisionnement en denrées alimentaires et en engrais, rappelant que la paix et le multilatéralisme constituent des leviers essentiels pour garantir la sécurité alimentaire.

En juillet dernier, Jean-Robert Bwangoy, chercheur et enseignant à la Faculté d’Agronomie de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), avait appelé la RDC à se préparer à subir l’impact du phénomène El Niño d’une intensité exceptionnelle à partir du mois de septembre, avec des répercussions pouvant allées jusqu’en juin 2027.

La RDC confrontée à une crise alimentaire majeure

En République démocratique du Congo, la situation demeure particulièrement préoccupante. En mai 2026, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avaient déjà alerté sur l’ampleur de la crise alimentaire dans le pays, considéré comme l’un des plus durement touchés au monde.

D’après les données du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), plus de 26,5 millions de personnes, soit près d’un Congolais sur quatre, éprouvent des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

Les enfants figurent parmi les populations les plus vulnérables. Entre janvier et juin 2026, plus de quatre millions d’enfants de moins de cinq ans avaient besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë. Parmi eux, plus de 1,3 million souffraient de malnutrition aiguë sévère ou risquaient d’en développer une forme grave.

Les deux agences onusiennes avaient souligné que cette forme de malnutrition pouvait entraîner la mort en quelques semaines en l’absence d’une prise en charge rapide.

La crise touche également les femmes enceintes et allaitantes. Plus de 1,5 million d’entre elles devraient être affectées par la malnutrition aiguë, exposant davantage les mères et leurs enfants à des risques sanitaires.

Au total, près de 3,6 millions de Congolais seraient directement menacés par les conséquences de cette crise alimentaire, selon les données communiquées par les agences onusiennes.

James Mutuba