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Crise électrique à Kinshasa : la SNEL doit faire la lumière sur ses partenariats privés (communiqué CNPAV)

Photo d'illustration

 Kinshasa, 15 octobre 2026  

Alors que les habitants de Kinshasa subissent des coupures d’électricité de plus en plus longues, le Congo n’est pas à Vendre (CNPAV) et le Réseau Mwangaza appellent la Société nationale d’électricité (SNEL) et les autorités compétentes à faire toute la lumière sur les partenariats conclus avec des entreprises privées dans le secteur électrique. L’urgence énergétique ne peut justifier l’opacité dans la gestion des ressources publiques ni des engagements financiers susceptibles de peser durablement sur l’entreprise publique et les consommateurs. 

Depuis juillet 2026, la puissance électrique disponible dans la capitale est passée d’environ 700 MW à seulement 390–450 MW, aggravant les délestages et leurs conséquences sur les ménages, les structures de santé et les activités économiques. Face à cette crise, les solutions envisagées doivent répondre à un double impératif : garantir une électricité accessible et fiable pour la population, tout en assurant une gestion transparente, responsable et exempte de conflits d’intérêts. 

Transparence et lutte contre la corruption : les ressources publiques doivent servir l’intérêt général 

Le CNPAV et le Réseau Mwangaza expriment leurs préoccupations concernant plusieurs partenariats stratégiques, notamment le projet de centrale thermique flottante de Karpowership, le projet hydroélectrique Kibombo Bis et les importations privées d’électricité utilisant les infrastructures publiques. 

Le projet Karpowership, portant sur une capacité annoncée de 134 à 135 MW, soulève des questions essentielles sur le coût du kilowattheure, les obligations financières de la SNEL et les conditions contractuelles. Le projet Kibombo Bis, qui prévoit un engagement annoncé de 110 millions de dollars de la SNEL, appelle également des éclaircissements sur la sélection des partenaires, leur actionnariat et les risques potentiels de conflits d’intérêts. Enfin, les conditions financières des importations d’électricité et l’utilisation du réseau public par des opérateurs privés demeurent insuffisamment transparentes. 

Nos ressources publiques ne peuvent être engagées sans que les citoyens sachent qui en bénéficie, à quelles conditions et avec quelles garanties. 

Le CNPAV et le Réseau Mwangaza demandent la publication des contrats, licences, tarifs et informations sur les bénéficiaires effectifs des entreprises partenaires, la vérification indépendante des engagements financiers et des procédures de sélection, ainsi que des contrôles rigoureux pour prévenir les conflits d’intérêts. 

Accès à l’électricité : une urgence sociale qui exige des solutions durables 

La transparence n’est pas une exigence administrative secondaire : elle est une condition essentielle pour que les investissements énergétiques profitent réellement à la population. Des solutions coûteuses ou mal encadrées risquent d’affaiblir davantage la SNEL, de compromettre sa capacité à fournir un service de qualité et d’alourdir, à terme, la charge supportée par les consommateurs. 

Recommandations 

Nous appelons donc le gouvernement et la SNEL à privilégier les investissements durables : remise en état des installations d’Inga I et II, renforcement du réseau de transport Inga–Kinshasa, amélioration de la distribution et développement de projets énergétiques dont les coûts, les financements et les tarifs sont rendus publics. Le financement de l’autonomisation en électricité des bâtiments publics ; l’amélioration du cadre fiscal afin de faciliter l’accès aux kits solaires autonomes, qui restent très coûteux en RDC ; l’augmentation du budget public alloué au secteur de l’énergie, compte tenu de son caractère stratégique pour le développement du pays. 

Le CNPAV et le Réseau Mwangaza demandent aux autorités de faire respecter pleinement les obligations de transparence prévues par la législation congolaise et de veiller à ce que chaque partenariat énergétique serve effectivement l’intérêt général. 

L’électricité est indispensable à la dignité, à la santé et au développement économique. La population a droit à un service fiable, mais aussi à la transparence sur la gestion des ressources qui doivent le garantir. Pas de gouvernance responsable sans transparence ; pas de transition énergétique juste sans accès équitable à l’électricité. 

Pour tout contact:  

● Jean Claude Mputu: +32 498 38 11 39 – E: [email protected] ● Erick Kassongo: +243 815 983 115 – E: [email protected] 

Le Congo n’est pas à Vendre (CNPAV) — Réseau Mwangaza