Comme dans plusieurs écoles de la ville de Kinshasa, la rentrée scolaire est effective ce mardi 1er septembre 2026 à Sainte Theresia, l'unique école primaire publique de Luzizila, l'une des localités du quartier Tshibanda située au fin fond de la commune de Mont-Ngafula.
En attendant le coup de sifflet de 7 heures 30' pour le tout premier rassemblement, des enseignants, qui ont précédé des élèves, nettoient des salles de classe dépourvues de porte, fenêtre et de pavement, visiblement inachevées.
Monsieur Ngoma Kuntamika, titulaire de 5ème année primaire, mentionne sur le tableau noir la date du jour. Vêtu d'une chemise en pagne et d'un pantalon tissu noir, il dit être prêt pour la formation des élèves présents.
« Nous sommes en train de les attendre, puisque c'est le premier jour de la rentrée. Il y a d'autres enfants qui viennent un peu de loin, et arrivent ici en retard. Les leçons commencent aussi à 7 heures trente», indique-t-il.
Au rassemblement, c'est une dizaine d'élèves sur plus de 500 inscrits, qui sont alignés devant leurs enseignants, qui les animent avec des chansons à l'appui. Dans son mot avant le début des cours, Jacques Mfulu, directeur de cet établissement scolaire, exhorte les écoliers de prendre au sérieux leurs études, et de mobiliser leurs condisciples qui traînent encore le pas.
Devant son bureau, des parents retardataires se bousculent pour l'inscription de leurs enfants. D'autres sont renvoyés faute de place.
Sur les dix-sept enseignants qui doivent accueillir ces élèves, seuls neuf sont payés par l’État congolais. Le directeur Mfulu appelle le gouvernement à régulariser la situation des autres enseignants afin d'éviter des frustrations, et motiver l'enseignement primaire dans cette banlieue de Kinshasa.
Défis pour un enseignement de qualité
À l'école primaire Sainte Theresia, où la gratuité de l'enseignement est effective, les défis pour un enseignement de qualité sont énormes. Outre le problème de viabilité des bâtiments dont dispose l’école, la précarité visible et le niveau du corps enseignant, cet établissement scolaire public manque presque de tout. Sans eau ni électricité, l'EP Theresia reste frappée par la carence des bancs, qui contraint les élèves à s'asseoir quatre voire cinq par banc, et d'autres à rester debout pendant les cours.
Samyr LUKOMBO