Tribune du député national Simon Mulamba Mputu
L’annonce, par Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de l’ouverture du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État constitue un moment important dans l’histoire politique de notre pays.
Dans son allocution, le Chef de l’État reconnaît que les nombreux dialogues et accords ayant marqué l’histoire de la RDC n’ont pas toujours permis de s’attaquer aux causes profondes des crises. Il souligne notamment que le partage du pouvoir a souvent pris le dessus sur la consolidation de l’État, tandis que les engagements pris n’ont pas été suffisamment accompagnés de mécanismes de suivi et d’obligation de résultat.
La nouveauté annoncée réside dans la volonté de placer le peuple et les provinces au cœur du processus. Les consultations devront commencer dans les 26 provinces avant les assises nationales de Kinshasa, avec la participation des forces politiques, de la société civile, des autorités coutumières et religieuses, des femmes, des jeunes, des milieux économiques, universitaires et professionnels.
Cette démarche mérite d’être encouragée, à condition que la consultation soit réelle et que la parole des populations influence véritablement les conclusions du dialogue.
Le Président a également précisé que ce dialogue ne devra être ni une négociation avec les groupes armés, ni un mécanisme de remise en cause des institutions issues des urnes. Il devra plutôt s’attaquer aux fractures internes et contribuer à bâtir un État plus fort, plus juste et plus efficace.
Pour nous, l’enjeu essentiel est donc de passer du dialogue politique au dialogue sur la reconstruction de l’État. La RDC n’a pas seulement besoin de nouveaux accords ; elle a besoin d’institutions solides, d’une justice crédible, d’une administration efficace, d’une sécurité républicaine et d’un développement équitable de toutes ses provinces.
Le dialogue devra également s’accompagner d’une véritable décrispation politique, dans le respect de la justice et de la séparation des pouvoirs. La paix ne peut toutefois signifier l’impunité : le discours présidentiel insiste sur la nécessité de concilier réconciliation et justice pour les victimes.
Le Kasaï, comme toutes les autres provinces, devra saisir cette occasion pour présenter ses propres priorités : infrastructures, agriculture, énergie, éducation, santé, emploi des jeunes, gouvernance locale et valorisation de ses ressources.
Enfin, la crédibilité de ce dialogue sera jugée non pas à la longueur des discours, mais à la mise en œuvre de ses conclusions. Le Chef de l’État annonce un Pacte national assorti de responsabilités, d’échéances, d’objectifs mesurables et d’un mécanisme public de suivi.
La RDC a suffisamment produit des accords. Elle doit désormais produire des résultats.
Le Dialogue national peut donc devenir un véritable rendez-vous historique avec l’avenir, à condition qu’il soit inclusif, représentatif, transparent et orienté vers des résultats concrets.
Notre responsabilité collective est de faire en sorte que ce dialogue ne soit pas un nouveau partage des responsabilités entre acteurs politiques, mais un pacte national pour construire un État fort, une Nation unie et une République souveraine.