À une semaine de la rentrée scolaire officiellement fixée au 1er septembre 2026, le Parlement des jeunes de l’Ituri demande au gouvernement de reporter la reprise des cours en raison de la persistance de l’épidémie de maladie à virus Ebola. Cette position rejoint celle exprimée la veille par l’Intersyndicale des enseignants de l’Ituri 1, qui estime que les conditions sanitaires ne sont pas réunies pour une reprise des activités scolaires.
Dans une déclaration faite ce mardi 25 août, cette structure représentant les jeunes en Ituri estime que la priorité doit être accordée à la protection des élèves et des enseignants, alors que la province demeure fortement touchée par l’épidémie.
Pour Ibrahim Gloire Abasi, président du Parlement des jeunes de l’Ituri, la promiscuité dans les salles de classe et la difficulté pour les enfants de respecter constamment les mesures barrières constituent des facteurs de risque importants.
« Nous sommes d’avis avec cette position des enseignants, parce qu’on ne doit pas sacrifier la vie de nos enfants. Les enfants sont vulnérables et, dans les écoles, ils vont se toucher et échanger des objets sans qu’il soit toujours possible de contrôler leurs comportements. Le gouvernement devrait donc reporter la rentrée, éventuellement jusqu’à la fin septembre ou au début octobre, afin d’évaluer l’évolution de la situation liée à Ebola »
Les autorités sanitaires et éducatives prévoient notamment le renforcement des dispositifs de lavage des mains, l’utilisation du gel hydroalcoolique et la surveillance dans les établissements scolaires.
Pour le Parlement des jeunes, ces mesures restent nécessaires, mais pourraient ne pas suffire dans des écoles fortement fréquentées, particulièrement au niveau primaire.
« Le lavage des mains est important, mais cela ne suffit pas. Imaginez une école qui compte 600 à 700 enfants au primaire : combien d’enseignants pourront réellement veiller à ce qu’il n’y ait pas d’échanges d’objets ou de contacts à risque ? Les enseignants sont eux aussi exposés. Nous demandons donc au gouvernement de prendre le temps nécessaire pour protéger les enfants et le personnel éducatif. Il n’y a pas d’urgence à maintenir une rentrée scolaire au prix de vies humaines.»
Le gouvernement maintient pour l’heure le calendrier scolaire, tout en annonçant un renforcement des mesures de prévention et de surveillance face à Ebola.
Cette prise de position intervient alors que l’Intersyndicale de l’Ituri 1 a, de son côté, annoncé son refus de reprendre les cours au 1er septembre, exigeant notamment une meilleure maîtrise de l’épidémie et la mise en place effective de dispositifs de biosécurité dans les écoles.
La pression s’accentue donc sur les autorités éducatives et sanitaires, appelées à arbitrer entre la nécessité d’assurer la continuité de l’éducation et l’impératif de protéger les élèves, les enseignants et leurs familles dans une province toujours confrontée à l’épidémie.
Freddy Upar, à Bunia