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Ituri : face aux attaques, OCHA appelle à protéger les humanitaires et les civils, le gouvernement promet de renforcer la sécurité dans l’espace humanitaire

Des responsables OCHA et le gouverneur militaire d'Ituri lors de la journée mondiale de l'aide humanitaire

À Bunia, OCHA a appelé, à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce mercredi 19 août 2026, au respect de l’espace humanitaire et à la protection des travailleurs humanitaires et des civils. En Ituri, où les violences persistent notamment à Djugu, Irumu et Mambasa, les restrictions d’accès continuent de compliquer l’assistance aux populations affectées.

Le gouverneur militaire de la province, le général-major Kasongo Mulumba Gaby, a réaffirmé l’engagement des autorités à sécuriser les acteurs humanitaires et à faciliter leur accès aux communautés.

La cérémonie a réuni autour des autorités provinciales plusieurs représentants des agences, fonds et programmes des Nations unies, des organisations humanitaires nationales et internationales, de la société civile, des organisations féminines et de jeunesse ainsi que des représentants des populations déplacées.

Dans son intervention, le chef du bureau d’OCHA en Ituri a rappelé les risques auxquels sont exposés les travailleurs humanitaires dans l’est de la République démocratique du Congo.

Selon les données présentées lors de la cérémonie, 293 incidents affectant le personnel humanitaire ont été enregistrés entre janvier et juillet, tandis que 34 incidents supplémentaires ont été rapportés depuis juin, directement en lien avec la réponse à l’épidémie d’Ebola.

Face à cette situation, le responsable d’OCHA a lancé un message particulièrement ferme.

« Les travailleurs humanitaires ne sont pas des cibles. Les civils ne sont pas des cibles. Les centres de santé, les écoles, les infrastructures civiles ne sont pas des cibles.»

OCHA appelle ainsi au respect du droit international humanitaire et demande que les acteurs humanitaires puissent accéder aux populations dans le besoin de manière sûre, rapide et sans entraves.

Cette alerte intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant en Ituri. Dans plusieurs zones de Djugu, Irumu et Mambasa, les violences armées continuent de provoquer des déplacements de populations et de limiter l'accès des organisations humanitaires.

À Mambasa, la société civile a récemment décrété une journée de deuil et annoncé un mouvement d’incivisme fiscal pour dénoncer la persistance des attaques attribuées aux ADF. Plusieurs dizaines de civils sont également signalés comme disparus ou enlevés dans différentes localités du territoire.

Prenant la parole à son tour, le gouverneur militaire de l’Ituri a reconnu les difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs humanitaires et les populations.

Il a indiqué que 13 travailleurs humanitaires avaient été tués et 626 incidents sécuritaires avaient ciblé les acteurs humanitaires dans les zones de conflit de l’est de la RDC au cours de l’année précédente. Entre janvier et avril 2026, au moins quatre autres travailleurs humanitaires avaient déjà perdu la vie dans l'est du pays, selon les chiffres cités dans son discours.

Face à cette situation, le chef de l'exécutif provincial a réaffirmé plusieurs engagements des autorités, notamment la protection des civils et du personnel humanitaire, la facilitation de l'accès aux populations et le renforcement de la collaboration avec les organisations humanitaires.

« Au nom du gouvernement provincial de l’Ituri, je réaffirme notre engagement à protéger l’espace humanitaire, à renforcer la coopération avec tous les partenaires et à mobiliser tous les moyens nécessaires pour répondre efficacement aux besoins de nos populations.»

À cette crise sécuritaire s'ajoute l'épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée en Ituri le 15 mai dernier. La situation sanitaire accroît les besoins humanitaires tout en exposant les équipes engagées dans la riposte à des risques supplémentaires.

Pour OCHA et les autorités provinciales, la protection de l'espace humanitaire constitue ainsi une condition essentielle pour permettre aux organisations de continuer à porter assistance aux populations affectées par les conflits, les déplacements et les urgences sanitaires.

Freddy Upar, à Bunia