Le journaliste indépendant et analyste politique Roger Bondengele Kiswemi affirme avoir été victime, avec sa famille, d’une violente intrusion à son domicile dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 août, dans la commune de Mont-Ngafula, à Kinshasa.
Selon son témoignage, un groupe d’au moins 14 hommes armés a fait irruption dans sa maison entre 1 h 40 et 2 heures du matin, avant de s’en prendre aux occupants et d’emporter plusieurs biens de valeur.
D’après le journaliste, les assaillants se seraient d’abord présentés comme des policiers venus effectuer un contrôle sur les armes circulant dans le quartier. Réveillé par ses enfants, qui avaient entendu des coups portés contre la porte, Roger Kiswemi Bondengele affirme avoir refusé d’ouvrir.
« Ils disaient : si tu n’ouvres pas, on le fera de force et nous allons t’abattre », rapporte-t-il.
Les hommes auraient ensuite défoncé la porte avant de pénétrer dans la maison. Le journaliste estime leur nombre à 14 ou davantage. Une fois à l’intérieur, ils auraient menacé les membres de sa famille, notamment son fils âgé de huit ans, qu’ils auraient maintenu avec un couteau sous la gorge pour exiger de l’argent.
Selon son récit, les assaillants ont emporté 200 000 francs congolais, ainsi que des vêtements, des chaussures, des effets personnels et d’autres biens appartenant à la famille. Ils auraient également saccagé une partie de la maison.
« Ils nous ont copieusement tabassés et emporté les biens de valeur et quelque somme modique en ma possession », témoigne le journaliste, qui affirme avoir été violemment frappé au visage et souffrir notamment d’un hématome à l’œil.
Son épouse aurait également été rouée de coups au visage. Roger Kiswemi affirme en outre que les assaillants auraient tenté de la violer au cours de l’attaque.
Au-delà des violences physiques et des vols, le journaliste dit avoir été particulièrement marqué par certains propos tenus par ses agresseurs. Ceux-ci l’auraient notamment interrogé sur ses opinions à l’égard du chef de l’État.
« Ils ont commencé à dire : toi, tu n’aimes pas le chef de l’État », relate-t-il. Roger Kiswemi se présente comme un journaliste critique, tout en affirmant ne « vilipender personne ».
Le journaliste s’interroge également sur les raisons pour lesquelles son domicile aurait été ciblé. Il affirme vivre à Mont-Ngafula depuis environ 40 ans et décrit son environnement comme un quartier résidentiel et relativement paisible. Il précise que sa parcelle se trouve à proximité des résidences de hauts responsables des forces de sécurité.
Après l’attaque, les assaillants auraient quitté les lieux vers 2 heures du matin, après avoir enfermé la famille à l’intérieur de la parcelle et placé un cadenas à l’extérieur. Selon Roger Kiswemi Bondengele, les occupants ont finalement été libérés grâce à l’intervention du fils d’un voisin, qui aurait escaladé le mur.
La police est ensuite arrivée sur place pour recueillir les premières informations et procéder au constat, selon le journaliste. À ce stade, aucune information officielle n’a été communiquée sur l’identité des auteurs présumés ni sur une éventuelle interpellation.
Roger Kiswemi Bondengele affirme que les assaillants opéraient à visage découvert et sans cagoule, ce qui, selon lui, témoignerait de leur sentiment d’impunité.
« Je demande à la justice et à la police congolaise de les interpeller pour qu’ils répondent de leurs actes », plaide-t-il.
Encore sous le choc, le journaliste affirme avoir perdu une partie importante de ses biens et se retrouver dans une situation particulièrement précaire après cette attaque. Il appelle les autorités à faire la lumière sur les circonstances de cette incursion et à renforcer la sécurité des habitants.
Cléopâtre Iluku & César Olombo