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Uranium dans d’exportations d’hydroxydes de cobalt : Kinshasa s’explique et réaffirme son engagement à fiabiliser ses chaînes d’approvisionnement 

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Une enquête conjointe de Lighthouse Reports et du Financial Times publiée le 30 juillet 2026, fait état de la présence d'uranium dans certaines cargaisons d'hydroxyde de cobalt en provenance de la République démocratique du Congo. L'investigation s'appuie notamment sur un document confidentiel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), obtenu en 2024.

En réaction, le gouvernement congolais dit avoir pris connaissance « avec la plus grande attention » de cette étude ainsi que des reportages diffusés par plusieurs médias internationaux concernant la présence d'uranium dans certaines exportations congolaises d'hydroxyde de cobalt. 

Dans un communiqué du ministère de la Communication jeudi 6 août, le gouvernement rappelle que la présence naturelle d'uranium dans les gisements cuprifères et cobaltifères des provinces du Lualaba et du Haut-Katanga est un phénomène géologique établi, documenté depuis le projet Manhattan il y a plus d'un siècle et connu de l'administration minière congolaise.

« Cette présence résulte de la paragenèse de ces métaux au sein des formations géologiques du Groupe du Roan. Elle ne constitue, à elle seule, ni une anomalie, ni le fruit d'une démarche intentionnelle, ni même une violation de ses engagements internationaux. Cette co-minéralisation a été gérée de manière responsable pendant plus d'un siècle d'exploitation minière industrielle. L'analyse de composition minérale de nos produits miniers marchands à l'exportation ne corrobore pas les tendances présentées. Conformément aux pratiques de garanties de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'uranium contenu à l'état de traces dans un minerai ou un concentré de cobalt n'entre en comptabilité nucléaire que s'il est spécifiquement récupéré comme matière brute », explique le gouvernement.

Partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, la République démocratique du Congo demeure, selon le communiqué, attachée au respect de ses obligations en matière de non-prolifération et de garanties internationales. Le gouvernement relève également que l'étude en cause ne repose pas sur des mesures directes effectuées sur des cargaisons exportées. Les quantités avancées résultent d'une modélisation de premier ordre, non spécifique à chaque installation, et s'inscrivent dans une fourchette d'estimation particulièrement large. Selon Kinshasa, ces limites méthodologiques appellent une vérification contradictoire, sans pour autant minimiser les enjeux soulevés.

Dans le même communiqué, le gouvernement annonce notamment le lancement d'une campagne de vérification analytique contradictoire portant sur un échantillonnage représentatif des exportations d'hydroxyde de cobalt. Les analyses seront confiées à un laboratoire national ainsi qu'à un laboratoire international accrédité.

« Menée selon un protocole transparent, cette campagne sera conduite conjointement par le Comité national de protection contre les rayonnements ionisants (CNPRI), le Commissariat général à l'énergie atomique (CGEA), le Centre d'expertise d'évaluation et de certification (CEEC) et d'autres services techniques des ministères habilités », précise le document.

Un groupe de travail interministériel chargé de vérifier les allégations, d'établir les faits, d'évaluer les risques sanitaires et environnementaux et de proposer les mesures appropriées sera institué et un rapport est attendu dans un délai de soixante (60) jours. Enfin, les autorités annoncent l'ouverture de consultations, par les voies diplomatiques et institutionnelles appropriées, avec l'Agence internationale de l'énergie atomique en vue d'une mission d'appui technique, dans le prolongement des mécanismes de coopération et de garanties déjà en vigueur.

La RDC réaffirme en même temps sa souveraineté sur ses ressources naturelles. « Le cobalt congolais continuera à être extrait et exporté dans le respect des normes éthiques, environnementales et sécuritaires les plus strictes, conformément aux standards internationaux établis » rassure le gouvernement.

Avant cette mise au point des autorités congolaises, l'Union des sociétés minières aux capitaux chinois en République démocratique du Congo (USMCC) était déjà montée au créneau pour rejeter les allégations selon lesquelles le cobalt produit par les entreprises chinoises dans le sud-est du pays contiendrait des teneurs excessives en uranium. L'organisation dénonce des « informations infondées » qui portent, selon elle, atteinte à la réputation du secteur.

Dans une déclaration datée du mercredi 5 août 2026, l'association affirme qu'après « une vérification exhaustive », « aucun produit de cobalt extrait, transformé et exporté par les entreprises minières chinoises en activité dans le sud-est de la RDC ne présente de teneur excessive en uranium ». L'USMCC assure que toutes les entreprises chinoises opérant dans cette région « respectent scrupuleusement la réglementation minière congolaise ainsi que les normes d'analyse communément reconnues dans le commerce international » et que leurs produits présentent « une teneur en uranium conforme aux normes en vigueur ».

L'association soutient également que les produits d'hydroxyde de cobalt fabriqués « dans des conditions de production normales » ne contiennent que « des traces naturelles extrêmement faibles » d'uranium. Selon elle, ces concentrations sont « bien inférieures au seuil permettant une exploitation ou une extraction industrielle rentable », de sorte qu'« il n'existe donc aucune condition économique ni technique pour récupérer, extraire ou exploiter cet uranium ».

Ces différentes prises de position interviennent après la publication, fin juillet, d'une enquête du Financial Times et de Lighthouse Reports, partenaire de ACTUALITE.CD, affirmant que des documents internes faisaient état de dépassements répétés des seuils légaux congolais d'uranium à la mine de Tenke Fungurume, exploitée par le groupe chinois CMOC, entre 2016 et 2020.

Clément MUAMBA