En République démocratique du Congo, durant la période d’octobre 2025 à février 2026, 2 560 violations des droits de l’homme ont été recensées, a révélé mercredi 25 mars 2026, Nada Al-Nashif, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, lors de l’examen de la situation des droits humains en marge de la 61e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, à Genève (Suisse).
Selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, ces violations ont de lourdes conséquences sur les civils, démontrant la détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo, en raison de l’activisme de la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, ainsi que d’autres groupes armés locaux et étrangers.
"Depuis le dernier rapport du Haut-Commissaire en septembre, notre suivi révèle une détérioration de la situation des droits humains et de la sécurité dans l'est du pays. Les civils sont la cible d'attaques perpétrées par de nombreux groupes armés, notamment le M23, soutenu par le Rwanda, les Forces démocratiques alliées (ADF) et la CODECO. Ils sont également les principales victimes des affrontements entre ces groupes et les forces armées congolaises, appuyées par les milices Wazalendo. D’octobre 2025 à février 2026, notre Bureau a recensé 2 560 violations des droits humains ayant touché 6 760 victimes, la grande majorité dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Maniema. Le bilan réel est probablement bien plus lourd", a déploré Nada Al-Nashif, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme.
Face à ce tableau sombre de la situation sécuritaire et humanitaire, Nada Al-Nashif, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, affirme que le peuple de la République démocratique du Congo est pris au piège d’un enchevêtrement complexe de crises. Cela se manifeste par la prolifération des groupes armés, l’ingérence étrangère, les tensions ethniques et une gouvernance fragile, le tout sur fond de concurrence féroce pour les ressources naturelles.
Ces atteintes et violations des droits de l’homme dans l'Est de la République démocratique du Congo interviennent dans un contexte prolongé d’intensification des violences et des combats opposant la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda selon Kinshasa, aux forces gouvernementales sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette situation aggrave davantage le contexte sécuritaire et humanitaire, alors même que la communauté internationale fait face à une pénurie de financements de l’aide humanitaire, mettant en danger la vie des populations civiles.
Face à cette situation, des appels se multiplient en faveur d’un cessez-le-feu entre les parties afin de donner une chance aux processus politiques, notamment au dialogue, en vue de régler la crise sécuritaire en cours. Toutefois, la situation ne change guère sur le terrain, où chaque partie accuse l’autre d’être à l’origine des violations du cessez-le-feu. La situation semble même s’aggraver ces derniers mois avec l’usage de drones. La rébellion de l’AFC/M23 accuse Kinshasa d’utiliser ces engins contre des populations civiles dans des zones densément peuplées, des allégations que le gouvernement congolais rejette.
Sur le plan diplomatique, le statu quo persiste également. Le processus de Washington prend en charge la crise entre Kinshasa et Kigali, tandis que celui de Doha se concentre sur la crise entre Kinshasa et l’AFC/M23. Malgré certaines avancées enregistrées sur le papier, ces initiatives peinent à produire les résultats escomptés sur le terrain, ce qui alimente la méfiance entre les parties et favorise la reprise des hostilités sur plusieurs fronts dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Clément MUAMBA