Chaque 21 mars, le monde célèbre la poésie, l’une des formes d’expression les plus riches de l’humanité. À Kinshasa, cette discipline trouve aussi sa place dans des espaces souvent inattendus. À cette occasion, l’artiste, poète et slameur congolais Olivier Tshiteya, a animé samedi, un atelier d’écriture à l’orphelinat B.C.P, dans le cadre du programme "Un mois, un orphelinat" porté par la structure GEBE Academia.
Cette initiative vise à rapprocher les enfants orphelins des pratiques artistiques, en stimulant leur créativité et en leur offrant des outils d’expression. Chaque mois, des artistes de différents horizons interviennent ainsi auprès de ces jeunes, avec l’ambition de contribuer à leur épanouissement personnel.
Devant une dizaine d’enfants attentifs, Olivier Tshiteya a privilégié une approche simple et décomplexée. Loin des contraintes académiques, il a invité les participants à considérer l’écriture comme un espace de jeu et de liberté.
« Je les ai abordés avec beaucoup de simplicité. Très vite, ils ont compris que la création, à ce niveau, est vraiment un jeu d’enfant. On s’est amusés à écrire avec beaucoup de liberté », explique l’artiste.
Au fil de l’atelier, les enfants ont découvert que la poésie n’est pas réservée à une élite, mais qu’elle peut émerger de leurs propres émotions, de leur vécu et de leur imagination. Pour l’artiste, l’essentiel réside dans le déclic.
« Accepter de travailler avec ces enfants, c’est d’abord un acte de partage. Il s’agit de transmettre cette flamme qu’est la poésie, avec l’espoir qu’un jour, eux aussi se lèveront pour dire leur part du monde », explique-t-il.
Semer un déclic durable
Au-delà de la simple pratique artistique, l’atelier porte une ambition plus profonde. Dans un contexte souvent marqué par des fragilités affectives et matérielles, la poésie apparaît à la fois comme un refuge et un outil d’émancipation.
« La poésie peut devenir pour eux un espace à part, un lieu où tout est possible. Un endroit où chacun a le droit d’aimer, d’être aimé, d’exister et même de résister », explique Olivier Tshiteya.
Pour l’artiste, l’enjeu principal réside dans l’éveil d’une prise de conscience, celui d’amener les enfants à comprendre que leur capacité à créer est déjà présente en eux. « La poésie est en chacun de nous. Il suffit d’apprendre à écouter le silence et de suivre cette lumière intérieure », confie-t-il.
Du côté de GEBE Academia, cette initiative s’inscrit dans une démarche à long terme. La structure explique avoir sollicité Olivier Tshiteya après avoir observé un intérêt grandissant des enfants pour la littérature et l’écriture.
« Il était important de faire appel à un professionnel pour mieux les encadrer », souligne la coordination. L’atelier, conçu sur plusieurs séances, doit aboutir à une restitution prévue le 28 mars, au cours de laquelle les enfants présenteront leurs productions.
Au-delà de cette expérience, les initiateurs du projet plaident pour une meilleure intégration de ce type d’actions dans les politiques culturelles. « Le milieu urbain regorge de talents. Institutionnaliser ce genre d’initiatives serait un véritable atout pour la jeunesse », estime l’artiste.
À travers ce programme, GEBE Academia ambitionne de participer à la construction d’un avenir meilleur pour ces enfants orphelins. La structure appelle ainsi les bonnes volontés à s’impliquer afin de soutenir et élargir ce type d’initiatives.
James Mutuba