Depuis le début de l’année 2026, Luanda (Angola) et Lomé (Togo) s’imposent comme deux capitales africaines où s’intensifie la dynamique diplomatique autour de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette crise est marquée par la poursuite de violents combats opposant les forces gouvernementales à la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda selon les Nations unies.
C’est dans ce contexte qu’à l’initiative de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil des ministres de la République du Togo et médiateur désigné de l’Union africaine (UA) dans la crise de l’est de la RDC, Lomé s’apprête à accueillir, ce samedi 17 janvier 2026, une réunion de haut niveau consacrée à la cohérence et à la consolidation des processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. L’objectif affiché est de renforcer la confiance entre les parties prenantes et de faire progresser le dialogue ainsi que la mise en œuvre des engagements convenus entre les différents acteurs en conflit.
À la veille de ce rendez-vous, censé réunir autour d’une même table les parties au conflit et les représentants des différentes médiations, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a été reçu ce jeudi 15 janvier 2026, à Lomé, par Faure Essozimna Gnassingbé, au Palais présidentiel. Selon un communiqué de l’UA, les deux responsables ont tenu des consultations sur l’avancement des efforts conduits par les Africains en vue de rétablir la paix, la sécurité et la stabilité dans l’est de la République démocratique.
"Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf est arrivé à Lomé ce matin, accompagné du Panel des facilitateurs de l’UA : Son Excellence Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria ; Son Excellence Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya ; Son Excellence Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie ; Son Excellence Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana ; ainsi que Son Excellence Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de la République centrafricaine" précise le communiqué de l'Union africaine
Issu de la fusion des processus de la SADC et de l’EAC, ce Panel, rappelons-le, est mandaté pour appuyer le processus de médiation conduit par l’Union africaine à travers des engagements de haut niveau, des mesures de confiance et une coordination avec les initiatives régionales, en vue d’aboutir à une solution politique durable. Selon la source citée, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, et la délégation de haut niveau ont été accueillis à l’aéroport par le ministre togolais des Affaires étrangères, le professeur Robert Dussey.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des efforts internationaux récents. En amont, et en étroite coordination avec le Togo, la France avait organisé le 30 octobre 2025 à Paris une Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs, qui avait permis de mobiliser plus de 1,5 milliard d’euros en faveur des populations vulnérables et de soutenir la dynamique de négociation menée par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine.
Faure Gnassingbé a succédé à João Lourenço comme médiateur désigné par l’Union africaine dans le conflit sécuritaire à l’est de la RDC, après validation de sa nomination par les instances de l’organisation panafricaine. Il est appelé à travailler en coordination avec les facilitateurs du processus de paix fusionné de Luanda et de Nairobi, conformément aux décisions du sommet conjoint virtuel de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu le 24 mars 2025.
Clément MUAMBA