Est de la RDC : l’armée appelée à renforcer la discipline interne pour prévenir les violences sexuelles

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Des membres des forces armées de la RDC et leurs alliés ont également été pointés comme responsables des cas des violences sexuelles dans l’Est de la RDC. C’est le constat dressé par Human Rights Watch (HRW) dans un récent rapport consacré à la situation sécuritaire et humanitaire dans cette partie du pays.

Selon l’observatoire des droits humains, ces violences ont été commises dans des contextes variés, notamment lors d’attaques visant des groupes ethniques spécifiques au cours d’assauts sur des villes et des villages, lors de prises d’otages et d’enlèvements à des fins d’esclavage sexuel, mais aussi dans des situations du quotidien, lorsque des femmes et des filles se rendaient dans les champs, sur leurs lieux de travail ou se déplaçaient d’un village à un autre.

“Quatre soldats congolais ont violé et battu une jeune fille de 17 ans qui se rendait au travail dans les champs près de son village dans la province de l’Ituri. Gravement blessée, elle a réussi à rentrer chez elle et sa famille l’a emmenée le jour même au centre de santé local, mais celui-ci ne disposait pas de kits PEP.”, souligne le rapport.

Faute de prise en charge adéquate, la jeune fille aurait travaillé pendant près de deux mois afin de réunir les moyens nécessaires pour parcourir plus de 40 kilomètres jusqu’à une clinique à Bunia, chef-lieu de la province.  “Les tests médicaux ont révélé qu’elle était enceinte et séropositive au VIH”, revèle le rapport. 

Face à la persistance de ces violences, l’organisation appelle l’armée congolaise à prendre “toutes les mesures nécessaires pour renforcer la discipline au sein des Forces armées de la RDC (FARDC) ainsi que des milices alliées, afin de prévenir les violences sexuelles”. HRW exhorte également le gouvernement à accroître le soutien aux enquêtes et aux poursuites judiciaires, notamment en renforçant les unités de police spécialisées et en augmentant le nombre de juges et de personnels judiciaires pour garantir un traitement rapide et efficace des dossiers.

Le rapport insiste par ailleurs sur la nécessité d’appliquer effectivement la loi de 2022 abolissant les frais juridiques pour les cas de violences sexuelles, afin de lever les obstacles financiers auxquels sont confrontées les survivantes. L’accès à une assistance juridique adéquate est présenté comme un élément central d’un soutien holistique, aux côtés de la prise en charge médicale et psychosociale.

Human Rights Watch recommande au gouvernement congolais de renforcer le fonctionnement des Centres intégrés de services multisectoriels, mis en place par le gouvernement depuis 2023, afin qu’ils puissent offrir un accompagnement complet aux survivantes. Pour terminer, l’organisation appelle le Fonds national des réparations des victimes (FONAREV) à veiller à ce qu’une aide financière suffisante et rapide parvienne aux survivant.e.s de violences sexuelles et à celles et ceux victimes d’autres crimes graves.

Prisca Lokale