Les activités scolaires ont repris ce lundi 12 janvier 2026 à Vikindwe, une localité située à une dizaine de kilomètres de Musienene, dans le groupement Ngulo, chefferie des Baswagha (territoire de Lubero), au Nord-Kivu. Cette reprise intervient après deux mois de fermeture des écoles, suite aux multiples exactions des miliciens wazalendo dans cette partie du territoire.
Plusieurs établissements, dont les écoles primaires Vikindwe et Vuketi ainsi que l’Institut Visehya, avaient cessé de fonctionner en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. Les parents avaient suspendu l’envoi de leurs enfants à l’école, craignant pour leur sécurité, dans un contexte marqué par des tirs d’armes à feu récurrents dans la zone.
Contacté par ACTUALITÉ.CD, le directeur principal de l’école primaire Vikindwe, Arsène Kakule Syaghuswa, indique que les enseignants ont entamé une phase de récupération des matières avec les élèves, afin de combler le retard accumulé pendant la période de suspension des cours. Il précise qu’après cette étape, les examens du premier trimestre pourraient être organisés au cours de la semaine suivante.
Toutefois, Arsène Kakule Syaghuswa souligne que les inquiétudes persistent au sein de la population locale, en raison de la présence continue des miliciens wazalendo dans la localité. Il relève que, même si les exactions ont légèrement diminué par rapport aux mois précédents, certaines barrières érigées par les groupes armés restent toujours en place.
La reprise demeure timide dans plusieurs autres zones du territoire de Lubero. À Kambau, certaines écoles n’ont enregistré aucune présence d’élèves, les parents restant réticents face à l’instabilité sécuritaire, notamment dans le groupement Bapakombe. Dans la sous-division de Njiapanda, les cours n’ont pas repris normalement depuis le 6 janvier 2026, malgré la fin des vacances scolaires.
Dans le nord du territoire de Lubero, notamment à Manguredjipa et Byambwe, les activités scolaires restent totalement paralysées en raison de l’insécurité persistante causée par les islamistes ADF. Les écoles concernées se trouvent dans des entités ayant enregistré plusieurs attaques armées en décembre 2025. C’est le cas des localités de Njiapanda, Byambwe, Itendi et Kaheku.
Dans la chefferie des Baswagha et à Musienene, les miliciens affiliés au groupe wazalendo sont régulièrement accusés de multiples exactions contre les civils, notamment des pillages, des tracasseries, des violences sexuelles, des arrestations arbitraires, la perception illégale de taxes et l’érection de barrières non autorisées. Bien que considérés comme alliés des forces armées congolaises dans la lutte contre la rébellion de l’AFC/M23, ces groupes sont régulièrement cités dans des cas de violations des droits humains.
Josué Mutanava, à Goma