La récente sortie médiatique de Muhindo Nzangi, membre du gouvernement Suminwa et ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, sur une chaîne de la place, intervenue après la sanction du général-major Sylvain Ekenge, a conduit la Première ministre Judith Suminwa à réagir et à rappeler la nécessité d’un encadrement rigoureux de la communication officielle de l’État.
Dans sa communication devant les membres du gouvernement, lors de la réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 8 janvier 2025 à la Cité de l'Union africaine, la cheffe du gouvernement a rappelé les instructions présidentielles relatives à la communication gouvernementale, notamment en ce qui concerne toute prise de parole publique engageant directement la crédibilité, l’autorité et la cohésion de l’État.
Elle a souligné que la parole de l’État ne saurait être improvisée ni mal maîtrisée, en particulier lorsqu’elle porte sur des questions sensibles liées à la défense nationale, à la sécurité, à la cohésion sociale ou aux relations diplomatiques. À ce titre, Judith Suminwa a insisté sur le fait qu’il est inacceptable de s’écarter de cette ligne de conduite.
"Face à la persistance de prises de parole non concertées, intervenant en dehors des orientations présidentielles, la Première ministre a rappelé avec insistance à l’ensemble des membres du gouvernement la nécessité de veiller personnellement au strict respect des directives du président de la République en matière de communication. En conséquence, toute communication portant sur les sujets sensibles précités doit impérativement s’inscrire dans le mécanisme de concertation préalable, placé sous la coordination du ministre de la Communication et des Médias, en lien avec les services compétents de la Présidence de la République et de la Primature, afin de préserver la cohérence des positions de l’État et de prévenir tout risque de dérapage sécuritaire ou diplomatique. Elle a demandé aux ministres d'en assurer l'application rigoureuse au sein de leurs cabinets respectifs", rapporte le compte rendu de la réunion.
En appui à l’intervention de la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa, poursuit le compte rendu de la réunion lu par le porte-parole du gouvernement, le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a adressé une nouvelle mise en garde sévère aux membres du gouvernement qui ne se conformeraient pas aux mécanismes de communication établis au sein du ministère de la Communication et des Médias.
Ce dispositif, rappelle-t-on, placé sous l’autorité du ministère de la Communication et des Médias, associera le conseiller spécial du Chef de l’État en communication, les services de communication de la Présidence de la République, de la Primature, de l’État-major général des FARDC ainsi que de la Police nationale congolaise. Il sera requis pour toute sortie médiatique, à diffuser sur la chaîne nationale ou sur tout autre média, engageant directement la responsabilité et l’image de l’État.
Le président de la République, Félix Tshisekedi, avait insisté sur la nécessité d’un encadrement rigoureux de la communication officielle de l’État, à la suite des propos controversés du général-major Sylvain Ekenge, récemment suspendu de ses fonctions de porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
S’exprimant lors de la première réunion du Conseil des ministres de l’année 2026, tenue vendredi 2 janvier à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa, le chef de l’État a appelé les membres du gouvernement, les responsables civils et militaires ainsi que l’ensemble des acteurs de la communication publique à faire preuve de retenue et de responsabilité dans leurs interventions médiatiques, en particulier sur les questions sensibles touchant à la défense nationale, à la sécurité, à la cohésion sociale et aux relations institutionnelles.
Clément Muamba