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FDLR : à l’ONU, Kinshasa met en avant l’exécution de ses engagements et réclame la vérification d’une frappe de drone à Pinga

Pinga sur la carte du Nord-Kivu

La République démocratique du Congo veut démontrer qu’elle exécute ses engagements en matière de désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), tout en exigeant la même rigueur de la part des autres parties au processus de paix, plus précisément dans le cadre de l’Accord de paix de Washington signé avec Kigali sous les auspices des États-Unis.

S’exprimant mardi 29 septembre devant la presse, à l’issue des consultations du Conseil de sécurité consacrées à la situation en RDC, le représentant permanent de Kinshasa auprès des Nations unies, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, a rappelé les différentes mesures prises par le gouvernement congolais et demandé un accompagnement international pour leur mise en œuvre.

« La RDC assume sa part de responsabilité dans le processus de Washington. Au-delà du rapatriement volontaire facilité par la MONUSCO, le gouvernement a signé, le 30 mai 2026, un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR-FOCA, prévoyant le dépôt des armes dans des sites désignés par les autorités congolaises en vue de leur retour au Rwanda. Le 29 août, trois autres groupes, le CNRD, le FPP et le RUD, ont formellement adhéré à la démarche de dépôt volontaire des armes. Ces avancées ont été portées à la connaissance du Conseil de sécurité », a déclaré le diplomate congolais.

La RDC dit préparer parallèlement une opération de neutralisation des FDLR notamment sur l’axe Pinga-Mpeti-Lukweti. Kinshasa souhaite que le Conseil de sécurité et la MONUSCO puissent accompagner et vérifier ce processus.

« La République démocratique du Congo prépare également une autre opération de neutralisation des FDLR dans la zone NAI-1. Elle demande l’appui du Conseil et de la MONUSCO pour accompagner et vérifier ce processus. Les incidents susceptibles d’en compromettre l’exécution doivent être examinés rapidement par les mécanismes compétents », a ajouté M. Mukongo.

Dans son intervention, Kinshasa a également accusé Kigali à la suite d’une frappe survenue ce lundi à Pinga. Selon la délégation congolaise, une frappe menée par un drone de type TB2, qu’elle attribue aux Forces de défense rwandaises (RDF), a ciblé une position congolaise, faisant cinq morts et huit blessés graves. Kinshasa considère cet incident comme une violation du cessez-le-feu, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.

« Cette bonne foi a été mise à l’épreuve le 28 septembre, lorsqu’une frappe de drone de type TB2, attribuée aux Forces de défense rwandaises, a visé une position congolaise à Pinga, faisant cinq morts et huit blessés graves. Nous condamnons cette nouvelle violation du cessez-le-feu, de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale. Elle intervient alors que la République démocratique du Congo prépare l’opération de neutralisation des FDLR dans la zone NAI-1, conformément à ses engagements au titre du processus de Washington, et risque d’en compromettre la mise en œuvre », a fait savoir l’ambassadeur de la RDC.

L’ambassadeur congolais a demandé que les faits soient rapidement vérifiés par les mécanismes compétents, notamment le MCVE+, avec l’appui de la MONUSCO. Il a également appelé le Conseil de sécurité à condamner les violations du cessez-le-feu et à demander qu’elles ne se reproduisent plus.

« Nous demandons que cet incident soit rapidement vérifié par les mécanismes compétents, notamment le MCVE+, avec l’appui de la MONUSCO, et que le Conseil le condamne fermement et exige que de telles attaques ne se reproduisent plus » a-t-il ajouté dans son intervention

L’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé à Washington sous facilitation américaine, a placé la question de la neutralisation des FDLR et celle de la levée des mesures défensives du Rwanda parmi les engagements sécuritaires des deux parties. La levée des mesures défensives implique notamment, selon la lecture défendue par Kinshasa, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.

Cette passe d’armes sur les engagements sécuritaires intervient dans un contexte où deux engagements clés de l’accord de Washington la neutralisation des FDLR par le gouvernement congolais et la levée des mesures défensives du Rwanda, impliquant le retrait de ses forces du territoire congolais n’ont pas enregistré d’avancées suffisantes, plus d’un an après la signature de l’accord

Clément MUAMBA


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