À Goma, des dizaines de sportifs se sont mobilisés ce dimanche 20 septembre 2026 pour rendre hommage à Miguel Masaisai, décédé vendredi 18 septembre dans un accident de la circulation à Ouesso, au Congo Brazzaville. À vélo, en rollers et à pied, ils ont parcouru les rues de la ville pour honorer la mémoire du jeune cycliste congolais de 23 ans, qui traversait l’Afrique pour promouvoir la paix.
Venus de différents quartiers de la ville, plusieurs athlètes ont d’abord participé à une séance de jogging reliant le rond-point Signers à la Grande Barrière. Ils se sont ensuite rendus au domicile familial du défunt, situé dans le quartier Katoyi, derrière la mosquée Katindo, pour se recueillir auprès de ses proches et partager leur douleur.
Pour Djimy Muhindo Kyviro, cycliste basé à Goma, Miguel était bien plus qu’un simple sportif. Il était un coéquipier avec lequel il avait partagé plusieurs années au sein du club de cyclisme.
Il propose également que ses collègues poursuivent le périple là où Miguel s’est arrêté, afin d’atteindre Rabat, au Maroc, destination finale de son initiative.
« Miguel est venu juste au début, donc moi personnellement, je le connais depuis qu’il était jeune. De ma part, je plaide pour que Miguel soit toujours reconnu comme certains qui sont reconnus comme des artisans ou des héros de la paix. Le combat auquel il s’est battu, imaginez les kilomètres qu’il voulait pédaler juste pour que nous puissions avoir la paix. Pour moi, je trouve que c’est un héros. Imaginez faire la route de Goma jusqu’à Rabat, ce n’est pas du tout facile. Il s’est vraiment sacrifié », a-t-il fait savoir, plaidant pour que Miguel soit reconnu comme un héros de la paix.
Sportif complet, Miguel Masaïsaï pratiquait plusieurs disciplines, notamment le roller, la course à pied, la natation et le cyclisme, qui l’a révélé au grand public ces derniers mois.
Âgé de 23 ans, Miguel Mumbere Masaisai était originaire de Goma, dans la province du Nord-Kivu. Il avait terminé ses études en option littéraire au collège Mwanga. Il était connu dans sa ville natale pour ses exploits à vélo, mais également pour sa pratique de la natation. Il faisait du triathlon et avait pris part à plusieurs compétitions.
Il avait officiellement lancé son défi « Pedals for Peace » le 1er mai 2026 à Goma, avec l’ambition de parcourir près de 14 000 kilomètres à vélo à travers plusieurs pays africains jusqu’à Rabat, au Maroc, pour promouvoir la paix, l’unité nationale et la résilience à travers le sport.
Le 5 août 2026, après 67 jours de route et plus de 6 500 kilomètres parcourus, il était arrivé à Kinshasa, marquant ainsi l’aboutissement de la traversée de la République démocratique du Congo d’est en ouest. Son itinéraire l’avait notamment conduit à travers les Kasaï et le Bandundu.
Après son passage dans la capitale congolaise, il avait quitté Kinshasa le 6 septembre pour poursuivre son aventure au Congo-Brazzaville. Son parcours l’avait notamment conduit à Brazzaville, Gamboma et Oyo.
Le 14 septembre, il se trouvait encore à Oyo, où il venait d’achever sa 71ᵉ étape, après avoir parcouru 98 kilomètres entre Gamboma et Oyo. Il poursuivait alors sa route vers le nord du pays, avec l’objectif de continuer son périple en direction du Maroc.
Josué Mutanava, à Goma